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«On veut me censurer!»

December 15th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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OSKAR FREYSINGER L’association des Autrices et Auteurs de Suisse émet des réserves sur la demande d’adhésion de l’UDC valaisan. Pourtant subventionnée par la Confédération, elle ne cache pas ses vues politiques de gauche

Oscar Freysinger«C’est un scandale! Je n’ai jamais remis en cause les droits de l’homme.» Le conseiller national Oskar Freysinger (UDC/VS), qui désire adhérer à l’association des Autrices et Auteurs de Suisse (AdS), a eu une mauvaise surprise en découvrant leur réponse. Avant d’entrer en matière sur cette demande, le comité exige – fait exceptionnel – que le Valaisan affirme son soutien aux droits de l’homme, à la liberté d’expression et à la lutte contre l’instrumentalisation de l’art (lire ci-contre), conformément aux statuts de l’AdS.

En dehors des prises de position politiques d’Oskar Freysinger, les écrivains de Suisse s’inquiètent du contenu du recueil de nouvelles publié en allemand au mois d’octobre par le Valaisan. Il y était notamment question de la femme d’un taliban qui, brutalisée par son mari, finit par être lapidée.

L’AdS relève que ses membres sont «plutôt à gauche» et que certains sont musulmans, ce qui explique les conditions préalables qu’elle demande avant de se prononcer.

«On veut me censurer, tempête Freysinger. Je ne critique l’islamisme que dans sa forme la plus extrême!» Dans la réponse qu’il a envoyée hier à l’AdS, le conseiller national relève une «contradiction flagrante»: «Vous me demandez de me plier à vos vues politiques, alors que vous vous érigez contre l’instrumentalisation de l’art».

La suspicion dont il est victime est «d’autant plus grave», selon Freysinger, que l’AdS n’est pas un club privé et reçoit une subvention annuelle de 500 000 francs de la Confédération. «Je ne peux pas imaginer que l’argent des contribuables ne serve qu’à soutenir les écrivains de gauche, au détriment de ceux de droite. Il s’agit là d’une atteinte à la liberté de pensée.»

Jointe hier au téléphone, la présidente de l’AdS aimerait éviter toute polémique. «Nous ne refusons pas M. Freysinger, s’empresse d’affirmer Theres Roth-Hunkeler. Nous voulons discuter avec lui, pour voir si sa vision politique ne contredit pas nos statuts. D’ailleurs, même si nos membres sont plutôt à gauche, je suis sûre que certains font partie de l’UDC.»

Il n’empêche que l’AdS, de son propre aveu, ne mène pas la même politique pour tout le monde. Theres Roth-Hunkeler reconnaît que ce sont des conditions «exceptionnelles pour une candidature exceptionnelle». Elle avoue également ne pas avoir procédé à un examen de conscience de ses membres musulmans pour voir s’ils défendent les droits de l’homme. «Nos membres musulmans qui publient des ouvrages ne sont pas aussi connus qu’Oskar Freysinger, et il nous serait impossible d’examiner nos 800 adhérents.»

L’AdS se penchera sur la demande de l’UDC dès réception de sa réponse, même si le Valaisan y affirme qu’il ne «cédera pas devant ce diktat».

source: lematin.ch

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Tags: Société · Suisse