Si l’on voulait prouver que des associations culturelles suisses subventionnées par l’Etat sont noyautées par une gauche intolérante, on ne pouvait rêver meilleure pièce à conviction: la lettre adressée à Oskar Freysinger par les Autrices et Auteurs de Suisse (AdS) est un vrai scandale. Cette société vient de manifester haut et fort pour la liberté artistique de Thomas Hirschhorn. Dans ses statuts, elle s’érige «contre l’instrumentalisation de
la culture» et déclare se battre «pour une vie culturelle variée dans notre pays». Mais, dès qu’il s’agit d’intégrer un auteur qui a des opinions de droite, donc minoritaires dans le milieu artistique, elle oublie les beaux principes et se comporte comme un politbureau socialiste. Son secrétaire, Peter A. Schmid, ne se gêne pas d’annoncer la couleur dans sa réponse à la demande d’adhésion de Freysinger. Il lui signale que les membres de la société «qui campent en majorité à la gauche du spectre politique» ne goûtent pas ses déclarations publiques. Pis: il dit que l’attitude critique de Freysinger à l’égard de l’islam ne plaira pas aux membres «écrivains de croyance musulmane qui sont venus en Suisse en tant que réfugiés». On croit rêver. Une société d’écrivains suisses, subventionnée par la Confédération, veut refuser l’adhésion à un auteur bien de chez nous, sous prétexte que ses membres étrangers de croyance musulmane pourraient ne pas aimer son attitude critique! Ont-ils seulement soumis ces écrivains d’obédience musulmane aux mêmes examens de conscience, en ce qui concerne leur attitude à l’égard des droits de l’homme, par exemple? Non. Il est vraiment grand temps de se battre contre ces «ayatollahs de la culture suisse». Ce n’est pas le Parlement qui exerce du terrorisme culturel dans notre pays, mais bien une clique de copains de gauche qui vit aux crochets de l’Etat et veut imposer sa loi.
source: lematin.ch



