1ER AOÛT La colline mythique occupée par un arbalétrier
MICHEL JEANNERET AVEC LES AGENCES
23 juillet 2004
Si vous faites partie de ceux pour qui un 1er Août semble inimaginable sans recueillement sur la prairie du Grütli, il vous faudra méditer de bonne heure cette année… ou passer à la caisse. Car la colline accueille ces jours-ci un hôte de marque sur son herbe verte: Guillaume Tell. Conséquence: l’accès aux lieux ne sera gratuit que jusqu’à midi, délai au-delà duquel il faudra se procurer un billet pour le spectacle. Prix du sésame: de 30 à 120 francs. Afin d’assurer la tenue du spectacle, Christoph Blocher a avancé au producteur Lukas Leuenberger 2,5 millions de francs et une garantie de déficit de 5,5 millions. Le tout à titre privé. Sans cette aide, ce projet n’aurait pas pu être réalisé, avait déclaré Lukas Leuenberger.
Grand nombre de places encore disponibles
La prise en otage des lieux par le célèbre arbalétrier a-t-elle provoqué une levée de boucliers? «Nous n’avons pas eu de grosses réactions», assure-t-on du côté de la Société suisse d’utilité publique (SSUP), qui gère tout ce qui se passe sur le Grütli. Une affirmation que personne n’ose mettre en doute, puisqu’il semblerait qu’un très grand nombre de places soient encore disponibles pour la représentation du 1er Août. Le mandat initial de la SSUP est d’empêcher une commercialisation de la prairie. En effet, en 1858, indignés d’apprendre qu’un hôtel allait y être construit, ses membres ont décidé spontanément de la racheter pour la préserver de cet «avilissement». En mars 1859, la SSUP a donc lancé un appel au peuple suisse pour l’achat du Grütli. Celui-ci a été remis en cadeau au Conseil fédéral en 1860, «à disposition de la Confédération comme propriété nationale non vendable».
souce: lematin.ch



