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Le mieux est l’ennemi du bien

April 19th, 2005 · Commenter (Pas de commentaire)

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(Le Pamphlet, édito du N° 343 - mars 2005)

Le mieux est l’ennemi du bien, dit le proverbe. En d’autres termes, à force de vouloir trop bien faire, on finit par en faire trop, ce qui conduit à des résultats contraires à ceux qu’on avait escomptés. C’est ce que ne comprennent pas les chantres de toutes sortes de «grandes causes» qui, à force de taper sur le même clou, à force de vouloir sensibiliser, informer, voire culpabiliser, font naître dans le bon peuple lassitude et colère.

La récente incartade de Monsieur Israel Singer, président du Congrès juif mondial, en est une parfaite illustration. En déclarant que la neutralité suisse pendant la deuxième guerre mondiale avait été un crime, le personnage s’est montré pour ce qu’il est: un donneur de leçons arrogant qui se soucie comme d’une guigne de l’intérêt des Suisses juifs d’hier et d’aujourd’hui. Peu lui chaut que la neutralité de la Suisse ait mis à l’abri de la déportation un nombre important de ses coreligionnaires. Peu lui importe le risque de résurgence de l’antisémitisme en Suisse à la suite de ses propos. Ce qu’il veut, c’est la repentance éternelle. Eh bien ! c’est raté. En dépit de l’inadmissible veulerie du gouvernement fédéral qui, comme d’habitude, a adopté un profil bas, Israel Singer s’est mis à dos la majorité des Suisses, juifs compris. Même Denis Barrelet, pourtant peu suspect de déviationnisme, y est allé de sa volée de bois vert (1) ! Le bilan est clair : les Suisses veulent qu’on leur fiche la paix et qu’on leur permette de regarder vers l’avenir, ce qui est exactement l’inverse du but recherché par les pontes juifs qui prétendent, à tort si l’on en juge par la réaction de la communauté juive de Suisse face aux élucubrations de Monsieur Singer, s’exprimer au nom de tous les juifs.

On constate un phénomène comparable en ce qui concerne l’antiracisme érigé en religion. Si les prêtres de l’antiracisme, conscients du fait que le racisme (2) est un phénomène universel, se contentaient de prêcher et de promouvoir la bienveillance à l’égard des étrangers d’autres races, ils parviendraient peut-être à faire diminuer les cas – fort rares en vérité – d’actes racistes. Mais à force de voir des actes racistes partout, de traquer le racisme uniquement lorsqu’il se manifeste dans le sens blanc-couleur et même de prétendre que les races n’existent pas – alors que chacun, ayant des yeux pour voir, peut constater le contraire –, ils se discréditent face à une population dans l’ensemble bien disposée à l’égard des étrangers, même si le miroir déformant de la presse tend à démontrer le contraire. Il y a deux sortes de racistes dangereux : quelques agités qu’aucune sensibilisation, aucune information ne parviendra à empêcher de «casser du nègre ou du bougnoule» et les prêtres de l’antiracisme qui, à force de défendre des races-qui-n’existent-pas, tombent dans un racisme inversé – les gens d’ailleurs sont bien plus dignes d’intérêt que ceux d’ici – tout aussi pernicieux, puisqu’il permet à un certain nombre d’allogènes – pas tous – de «casser du blanc» en toute impunité, assurés qu’ils sont de pouvoir hurler au racisme en cas de réaction de leurs victimes. A terme, la religion antiraciste ne peut qu’engendrer une augmentation des actes racistes de la part des indigènes, ce qui, c’est le moins qu’on puisse dire, va à l’encontre du but recherché.

Il en va de même en ce qui concerne la lutte contre l’«homophobie». Si les défenseurs des homosexuels se contentaient de réclamer le droit de vivre en paix conformément à leur nature ou à leurs besoins, il n’y aurait quasiment plus aujourd’hui d’«homophobes». La plupart des gens ont compris que l’homosexualité n’est pas un vice portant la marque d’une perversité particulière, mais le résultat d’un état physiologique ou, peut-être, d’un trouble psychologique. Osera-t-on risquer l’hypothèse qu’être le fils d’une mère abusive, avoir été victime d’abus sexuels ou avoir vécu une expérience désastreuse avec une personne du sexe opposé peut avoir des répercussions dans ce domaine ? Osons. Il ne saurait donc être question de mépriser les homosexuels, puisqu’ils ne sont pas responsables de leur «différence». Le bât commence à blesser quand surgit le militantisme homosexuel, tel qu’il s’est développé ces dernières années, avec ses manifestations de rue, ses associations constituées en groupes de pression, ses revendications tonitruantes. Beaucoup de gens, y compris parmi les nombreux homosexuels discrets, s’en trouvent incommodés, ce qui ne peut que nuire à la cause, contrairement au but recherché.

Les prétendus défenseurs de minorités prétendument opprimées devraient retenir la leçon : ce n’est pas par l’insulte, le mensonge et les excès qu’on fait progresser la sacro-sainte tolérance.

(1) 24 heures du 15 février 2005.
(2) Par racisme, nous entendons la méfiance instinctive de tout être humain à l’égard d’êtres différents par leur couleur de peau et leurs us et coutumes.

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Tags: Société