(Tatiana Stanovaïa, RIA Novosti, 11 août 05 16:11) – La stratégie américaine de comportement géopolitique vole en éclat dans l’espace post-soviétique. Les Etats-Unis n’ont plus l’intention de lutter coûte que coûte pour maintenir dans les pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) des régimes post-soviétiques relativement loyaux à l’égard de l’Occident : ils misent désormais soit sur leur affaiblissement, soit sur leur renversement.
Il y a quelques jours le président des Etats-Unis, George W.Bush, a adressé au président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, une lettre dans laquelle il lui demande de tenir dans le pays des élections libres et démocratiques, invoquant le fait que dans ces pays il est interdit de manifester pendant les scrutins. Des “requêtes” analogues parviennent à l’Azerbaïdjan et à l’Arménie.
Le Congrès des Etats-Unis a voté des crédits destinés à financer l’opposition dans ces pays ainsi qu’en Moldavie, où Vladimir Voronine a réussi à se faire réélire, notamment avec le soutien des Etats-Unis. La peur des régimes post-soviétiques face à la “révolution” les incite à se soumettre aux recommandations de l’Occident concernant les régimes démocratiques. Mais dans le même temps, elle confère davantage de valeur à l’amitié avec Moscou.
Les racines de l’évolution des stratégies géopolitiques des Etats-Unis doivent être recherchées dans les événements du 11 septembre 2001. L’attentat perpétré à New York a contraint les Etats-Unis à reconsidérer leur attitude à l’égard des leaders loyaux mais autoritaires ou encore fantasques d’autres pays. La formule du président Franklin Roosevelt “Somoza est un enfant de salaud, mais c’est notre enfant de salaud” illustrant les rapports des Etats-Unis avec le Nicaragua n’est plus applicable. Maintenant les Etats-Unis recourent à une autre formule et se présentent comme le gardien universel de la démocratie.
La démocratie dans les pays post-soviétiques, où le niveau de vie est extrêmement bas, sera toujours chancelante, avec des régimes amorphes, où toute manifestation de caractère est pratiquement exclue. Voilà les régimes que les Etats-Unis voudraient voir maintenant dans les pays de la CEI.
L’attitude de Washington vis-à-vis des événements à Andijan en est la confirmation la plus éclairante : l’Ouzbékistan, qui avait toujours été considéré comme un pays franchement pro-occidental, s’est retrouvé sous le feu de la critique de l’Occident pour avoir réprimé une rébellion dans une de ses provinces. Les Etats-Unis ont “sacrifié” leurs rapports avec Islam Karimov uniquement pour éviter la légitimation du droit de recourir à la violence contre l’opposition dans les autres pays.
Quand il s’avère que la loyauté à l’égard des Etats-Unis ne garantit rien, la Russie apparaît comme le seul partenaire pouvant opposer à l’argument en faveur de la “révolution” celui des régimes légitimes. Les représentants de la Russie ont déjà déclaré à maintes reprises que le pouvoir avait le droit de recourir à la force si des méthodes de lutte illicites étaient employées contre lui.
Sur cette toile de fond, il apparaît que les pays de la CEI n’ont rien à gagner à détériorer les relations avec la Russie, pas plus qu’avec l’Occident d’ailleurs. On en veut pour preuve l’exemple offert par les pays d’Asie centrale.




0 responses so far ↓
There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.
You must log in to post a comment.