Genève reste le point d’entrée préféré des clandestins
Des moyens insuffisants, des frontières perméables et une immigration illégale croissante. Les rapports annuels des gardes-frontière se suivent et se ressemblent. Dans les grandes lignes. Se félicitant “du travail réussi dans un environnement difficile”, le Corps de gardes-frontièreIII (CGFRIII) qui regroupe Genève, Vaud, Valais et Neuchâtel, a présenté hier un bilan 2003 mettant l’accent sur “la pression des clandestins”.
La frontière ouest de la Suisse est désormais la moins étanche, supplantant ainsi celle du Tessin. Sans surprise, Genève reste le point d’entrée privilégié en Suisse romande. Pour les armes, la drogue, les véhicules volés ou les hommes. “Avec 104 kilomètres de frontière et une centaine de passages transfrontaliers praticables en voitures, le canton permet de nombreux franchissements délictueux, déplore le colonel Jacques Strahm. Cette année, l’élargissement à l’est de l’Union européenne est préoccupant.” L’officier en veut pour preuve les saisies d’armes (677) ou encore les 3741 entrées illégales recensées sur la zone III, soit près de 700 de plus qu’en 2002. A lui seul, le canton de Genève en a enregistré près de 3000. La plupart des ressortissants concernés proviennent d’Afrique.
Gare aux doublons
Les refoulements aux frontières romandes avoisinent les 30000 cas. Un chiffre en diminution qui concerne souvent des étrangers, sans pièce d’identité ou visa, ne demandant même pas l’asile. Mais ces données doivent être traitées avec prudence, car un étranger refoulé peut tenter sa chance un peu plus tard à la frontière voisine. Il gonfle dès lors artificiellement les statistiques.
Le CGFRIII constate une légère diminution des fausses pièces d’identité confisquées. Est-ce dû à l’effet dissuasif des nouveaux moyens techniques destinés à traquer les falsifications? “Nous sommes à la pointe dans ce domaine. Ces faux documents sont fabriqués, pour la plupart, en Italie et en France.”
Au chapitre des stupéfiants, le rapport révèle une diminution des saisies en provenance de l’étranger. Pour mémoire, elles étaient restées stables entre 2001 et 2000 en raison d’un transfert des trafiquants vers les frontières bâloises. “Mais la baisse de la quantité s’est faite au profit de la qualité”, ironise Jacques Strahm. L’héroïne interceptée a passé d’environ 8 kilos à moins de 3 kilos, en revanche les prises de cocaïne (env. 50 kilos, en 2003) ont quintuplé.
Si les saisies “d’importation” diminuent globalement, il en est autrement pour le cannabis suisse. “Notre pays est devenu un producteur reconnu de marijuana comme l’attestent les 226 kilos confisqués. Nous avons la triste réputation de proposer une drogue avec un fort taux de THC (principe actif du cannabis).”
Tribune de Genève du 21 janvier 2004
Triste record pour Genève!
January 21st, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)
Tags: Général




0 responses so far ↓
There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.
You must log in to post a comment.