«Il ne se passe plus un jour sans que l’on entende parler d’une agression!» La mère d’Olivier* est bien placée pour en parler. Son fils aîné a été victime d’un nouveau cas de racket, le week-end passé, dans le quartier de Bellevaux, à Lausanne. Fait banal à l’épilogue toutefois atypique: c’est en effet elle et son mari qui ont procédé à l’arrestation du suspect avant de le livrer à la police!
Il est environ 2 heures du matin, samedi dernier, lorsque Olivier (17 ans) et trois de ses amis rentrent à la maison. Arrivés à hauteur du bois de Sauvabelin, deux jeunes gens surgissent devant eux et les somment - insultes à la clé - de s’expliquer sur leur présence dans le quartier. Le ton monte, les agresseurs sortent des couteaux et Olivier se retrouve saisi par le cou, avant d’être délesté de son téléphone portable. Alors que l’un de ses camarades est également immobilisé, le troisième sort un spray au poivre. Les quatre victimes, dont aucune n’a été blessée, profitent de la confusion pour s’enfuir.
«Aujourd’hui, mon fils a peur des représailles», résume la mère d’Olivier. D’autant plus que, après avoir déposé une plainte le lundi matin, il a reconnu son agresseur dans la rue, alors qu’il se trouvait avec son père. «J’étais dans les environs avec ma voiture, raconte la maman. Nous avons donc pu suivre le suspect alors qu’il était monté dans un bus. Il en est descendu à l’endroit de l’agression et mon mari lui a mis la main dessus. Il n’a opposé aucune résistance et nous avons appelé la police.»
Attirés par la scène, une trentaine de jeunes ont alors pris la famille a partie. «Ils ont dit à mon fils qu’ils risquaient de le buter. C’est de la folie, parents et policiers sont visiblement complètement désemparés face à la situation, poursuit la mère d’Olivier. Mais c’était notre devoir de porter plainte.»
Qualifiée de «trop rare», cette démarche est saluée par Christian Séchaud, porte-parole de la police lausannoise. Contacté hier, il n’était cependant pas en mesure de préciser si le suspect avait reconnu les faits, ni s’il était encore en détention.
* Prénom d’emprunt
Source: Le Matin Online




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