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Quand la classe moyenne perdra confiance

July 16th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Depuis 2000, le phénomène est constant. Croissant. Dans le porte-monnaie des ménages suisses, ce sont les dépenses pour les assurances qui pèsent le plus lourd – plus de un franc sur cinq. Viennent ensuite les dépenses pour le logement et les impôts. Si ces informations n’ont rien d’étonnant, car connues douloureusement du consommateur suisse, elles obligent à un rappel pressant à desserrer cette corde qui étouffe les ménages suisses.

Le poids dominant du logement et de l’alimentation dans le budget des ménages disposant de moins de 4800 francs par mois plaide à nouveau pour un combat plus déterminé sur le front des prix, les ententes de toutes sortes, les protectionnismes locaux et les perfectionnismes helvétiques de la construction.

Pour les ménages gagnant jusqu’à 12 000 francs par mois, ce sont les assurances, impôts et taxes en tout genre – appelées doctement dépenses de transfert – qui rongent le plus le budget. Et cette gangrène sournoise est envahissante. Officiellement, les impôts et cotisations sociales ont représenté plus de 31% du PIB en Suisse en 2002; 39%, affirment d’autres statistiques. Cette quote-part fiscale avoisine même les 50% si on y intègre les cotisations à l’assurance maladie, à la CNA et au deuxième pilier. 31, 39, 50%: peu importe. Ce qui est essentiel et préoccupant, c’est que la Suisse ne cesse de voir cette part s’envoler. Son rythme de hausse dépasse celui de tous nos voisins… Avec, pour première victime, la classe moyenne, dont on commence enfin à reconnaître qu’elle est massacrée par le fisc, ponctionnée par l’assurance maladie et fortement déstabilisée par les modifications du marché du travail. Une classe moyenne punie par l’impôt, qui éprouve angoisse devant l’avenir et sentiment croissant de devenir le pigeon du système, à tel point qu’elle finit par dire, selon un récent sondage, préférer cotiser davantage pour l’AVS plutôt que de voir les prestations se réduire. Un véritable autogoal.

Il est temps de mettre le holà. De corriger cette dérive des prélèvements obligatoires. En mai dernier, le paquet fiscal a été une occasion manquée. Il faut rompre avec cette inertie. Quand la classe moyenne n’éprouvera plus au fond de ses tripes que son travail, ses efforts porteront un jour leurs fruits, pour elle ou pour ses enfants, c’est tout un pilier de la stabilité et de la force du système suisse qui pourrait s’affaisser. Avec des risques accrus de tensions entre classes sociales – subventionnées ou non –, entre contribuables, entre salariés et assistés ou entre salariés du privé et du public.

Ignace Jeannerat, Vendredi 16 juillet 2004
source: letemps.ch

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Tags: Général