Altermedia Suisse
Altermedia Suisse: En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)
fraternite francaise

Punks traqués (et ennemis des maghrébins?)

December 28th, 2003 · Commenter (Pas de commentaire)

Email This Post Print This Post

MARGINAUX Les jeunes alcoolisés qui squattent le périmètre de la gare sont chassés sans qu’aucune solution de rechange ne leur soit proposée
Il est 15 heures sur la passerelle qui surplombe la gare zurichoise de Stadelhofen. Deux punks dans la vingtaine, Claudio et «Schlumpf» (Schtroumpf en allemand) battent la semelle par un froid de canard. Les bouteilles de bière se succèdent: «J’ai trouvé un petit boulot, confie Schlumpf. Heureusement, je ne suis pas obligé de dormir dehors, je vais passer la nuit dans un squat.»
Plutôt pacifistes
Depuis peu, les forces de l’ordre empêchent les punks de fréquenter la place devant la gare. Alors ils se sont réfugiés sur le pont, à moins de 100 m de là… Un nouvel épisode du jeu du chat et de la souris entamé depuis l’été passé entre les clochards des temps modernes et les autorités. Mais les bases légales manquent et les punks reviennent, avec leurs bottes, leurs chiens ou leurs rats.
Malgré leur accoutrement, leur haleine ou l’alcool qu’ils descendent à longueur de journée, les punks sont d’humeur plutôt pacifiste, même si certains d’entre eux vont grossir les rangs du Bloc noir lors des manifestations altermondialistes. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des skins se joindre à eux, leurs ennemis jurés.
Tolérance zéro
Quand la météo se veut plus clémente, ils sont parfois près d’une cinquantaine dans le périmètre de Stadelhofen. Certains d’entre eux font la manche dans la galerie marchande souterraine. Un spectacle qui n’est pas du goût de tous: le 1er juillet dernier, à l’instigation des services sociaux de la Ville, une tente était dressée sur la place, où les passants partisans du laisser-faire affrontaient les tenants de la tolérance zéro.
Mais les joutes n’ont abouti à aucune décision concrète. Les punks n’ont pas disparu comme par enchantement. L’été passé, une fille du groupe a failli se faire violer au bord du lac par un Marocain. La violence de la bagarre qui a suivi entre Nord-Africains et punks a obligé les forces de l’ordre à intervenir. Conséquence: les punks étaient chassés de la Blatterwiese, leur quartier d’été favori au bord du lac. Aujourd’hui, c’est Stadelhofen qui est remis en question sans qu’aucune solution de rechange ne leur soit proposée. Pas de quoi effrayer Claudio, Schlumpf et les autres. Depuis la création de leur mouvement, dans les années 1970, le mot d’ordre des punks s’intitule «no future» ou «sans avenir», si vous préférez.
Source: Le Matin

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (No Ratings Yet)
Loading ... Loading ...
Share/Save/Bookmark



Tags: Général

0 responses so far ↓

  • There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.

You must log in to post a comment.