Elle était presque touchante de naïveté, la petite première classe de quatrième ligne, avec son sourire de gavroche, sa clope au bec et ses mains qui mimaient un fusil pointé sur les organes génitaux du prisonnier irakien livré nu à son pouvoir discrétionnaire. Petite garde-chiourme promue au statut de «surfemme» des forces du Bien, ignorante des conventions internationales, elle avait pris au pied de la lettre sa mission de mise en condition des prisonniers pour les faire parler. Pauvre petite innocente ! Se doutait-elle qu’elle s’inscrivait en droite ligne des tortures employées par ses prédécesseurs des mêmes forces du Bien, cinquante-neuf ans auparavant, au procès de Dachau, pour extorquer des aveux fictifs mais nécessaires aux soldats vaincus de l’Allemagne nazie1? Pauvre petite Lynndie !… Petits fusibles du gang de la «Maison Grise», elle et quelques autres «enthousiastes» de son niveau vont désormais connaître les affres d’être livrés à la raison d’Etat des champions de la démocratie, avec les bons vœux du Secrétaire d’Etat à la défense.
Le 7 mai, au sénateur républicain Lindsay Graham qui annonçait la possibilité bien réelle de cas de viols et de meurtres, le platement navré mais non démissionnaire M. Donald Rumsfeld n’a pu qu’objecter, très contrarié : «It will only make matters worse»2…
Max l’Impertinent
1 «Méthodes» qui, sans le rapport du Lt-colonel Willis Everett devant la Cour Suprême des Etats-Unis en mai 1948, confirmé par commission sénatoriale en avril 1949, seraient passées inaperçues
2 «Cela ne fera qu’aggraver les choses»
Source: Le Pamphlet N°335




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