Rebondissement, suite à la démission du directeur de la Fondation et à la demande de mise en faillite. Les démocrates du centre jugent le moment venu de faire toute la lumière sur la crise.
«Il faut rechercher l’apaisement» Pierre-Yves Maillard, conseiller national socialiste
Jeudi dernier, le Conseil d’Etat a demandé la démission de Michel Hoffman. Le directeur de la FAREAS expulsé est accusé de lacunes dans la gestion de la Fondation pour l’accueil des requérants d’asile, version récusée par l’intéressé. Vendredi, on apprend que l’autorité de surveillance des fondations estime la faillite inévitable. Pour combler le trou, le conseiller d’Etat Pierre Chiffelle propose que le canton cautionne une dette de 16 millions. Le monde politique vaudois commence de réagir.
Mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire? «La population a le droit de savoir», estime le député UDC Pierre-Yves Rapaz. Ce week-end, l’idée a germé dans le terreau de l’UDC vaudoise. «Le moment est venu de faire toute la lumière sur le fonctionnement de la FAREAS, estime Guy Parmelin (UDC). Avant d’accorder une garantie de 16 millions ou de transformer la FAREAS en service de l’Etat, il faut tout mettre à plat pour déterminer les responsabilités de chacun.»
Pas aussi facile à dire qu’à faire, de l’aveu même des députés qui tenteront de faire passer l’idée au Grand Conseil. Déjà, l’enquête parlementaire sur les EMS avait fait couler beaucoup d’encre. La dernière en date devrait rendre, en mars, ses conclusions sur les mystères de l’affaire BCV. La recette? «Nous devrons réunir une trentaine de députés pour déposer une requête», explique Guy Parmelin. Et convaincre huit personnes d’autres partis, puisque le groupe UDC au Grand Conseil compte 22 députés. La suite, en revanche, pourrait être moins facile. «Le vote final se prend à la majorité qualifiée, il faudra donc au minimum 90 députés. On verra si la droite est unie», s’interroge le député UDC Jean-Pierre Grin.
Dans le landernau politique vaudois, l’idée d’une commission d’enquête ne suscite pas une franche adhésion. «Le Parlement est déjà lourdement surchargé», estime le Vert Philippe Martinet, qui trouve affligeant que le Contrôle cantonal des finances mette le doigt sur des problèmes sans que cela soit suivi d’effets. Même son de cloche chez la socialiste Michèle Gay Vallotton, qui plaide pour la transparence: «La population cherche la clarté. Il faut avoir le courage de la lui donner. Mais il ne faut pas abuser d’un outil tel que la commission d’enquête parlementaire.»
Pour le radical Armand Rod, l’Etat est de toute façon assez bien outillé pour mener l’enquête. Membre de la commission de gestion, il estime que «la longue descente aux enfers de la FAREAS n’a surpris personne, le feu couvait depuis plus d’une année». La commission de gestion, justement! Qu’a-t-elle fait? «Elle n’intervient que sur des faits passés, et n’a pas les moyens de mener ses propres enquêtes», rappelle le socialiste Michel Borboën, autre membre de cette commission. Pour lui, «une CEP ne ferait que constater ce que l’on sait déjà». Le comité directeur du Parti socialiste étudiera la question la semaine prochaine. Pour Pierre-Yves Maillard, qui s’exprime à titre personnel, «il faut rechercher l’apaisement et une solution constructive». Le conseiller national est convaincu de la bonne volonté du conseiller d’Etat Pierre Chiffelle. L’affaire de la FAREAS montre «la dilution des responsabilités qui se produit lorsque des entités dont la mission est d’intérêt général essaient de se faire passer pour des structures privées».
Pour ou contre une CEP? Certains hésitent. Pour le libéral Philippe Leuba, «les sommes en jeu en justifieraient l’existence». Selon lui, le contrôle parlementaire est aujourd’hui insignifiant. «Les renseignements donnés en novembre par le Conseil d’Etat à la commission parlementaire étaient tellement confus, et les conséquences financières si peu définies que le sang des députés a bouilli. Ils ont renvoyé son projet de loi au gouvernement afin qu’il présente un rapport crédible, complet et détaillé. Et depuis, plus rien. Le dossier souffre d’un pourrissement dû aux conseillers d’Etat qui se sont succédé, qu’ils soient de droite ou de gauche.»
Source: Le 24 Heures du 24 février 2004
L’UDC veut faire la lumière sur la FAREAS.
the_date() ?> 12:24 pm · Commenter (Pas de commentaire)
Tags: Général

0 responses so far ↓
There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.
You must log in to post a comment.