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L’exemple corse

September 21st, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Il a été fondé il y a vingt ans et se veut aujourd’hui incontournable

Corsica

Le Syndicat des travailleurs corses revendique son «nationalisme»

«Une augmentation du pouvoir d’achat des salariés de 130 à 150 ¤ par mois : pour une grève soi-disant ?politique?, ce n’est pas mal…» Dimanche, à l’issue des négociations avec la direction de la SNCM, Alain Mosconi, responsable de la section «marins» du Syndicat des travailleurs corses, ne cachait pas sa satisfaction. «Cet accord prouve que nos revendications étaient justes et raisonnables», s’est-il félicité, parlant d’«une nouvelle victoire». Une de plus. Car, depuis quelques années, cette organisation syndicale atypique a le vent en poupe.

Au cours du seul dernier trimestre 2003, le STC a remporté coup sur coup la chambre des métiers de Haute-Corse où il dispose d’une majorité confortable (21 sièges sur 36) et enlevé la présidence des prud’hommes
de Corse-du-Sud. «Première force syndicale» de l’île dans le secteur privé, il talonne dangereusement la CGT dans des entreprises qui, jusque-là, étaient la chasse gardée des grandes centrales : le STC gagne ainsi du terrain à EDF, à la Poste ou encore à France Télécom.

«Nous sommes implantés dans tous les secteurs d’activité, représentés dans les conseils d’administrations des organismes sociaux et nous avons des élus dans toutes les juridictions. En Corse, plus rien ne se fait sans le STC», affirme son secrétaire général, Jacky Rossi. Aujourd’hui, le syndicat dit compter près de 4 400 adhérents. Mais, absent à l’échelle nationale, il s’est longtemps vu contester une quelconque représentativité par l’État. «Nous nous sommes battus et ce sont les élections qui nous ont amenés où nous sommes», poursuit Jacky Rossi
selon lequel d’autres syndicats, à l’image de SUD, sont confrontés aux mêmes problèmes.

Reste que, dans la sphère syndicale, le STC occupe une place à part. Le «Sindicatu di i travagliadori corsi» a été fondé il y a vingt ans, le 1er mai 1984. Sa mise en place par le bloc indépendantiste de l’époque, Unità naziunalista, participait d’une stratégie basée sur la présence de «contre-pouvoirs» nationalistes dans toutes les strates de la société corse. Mouvements de lycéens, associations de parents d’élèves, syndicats d’enseignants, d’agriculteurs ou de salariés ont ainsi vu le jour. Autant de structures chargées de promouvoir, chacune dans leur domaine, la «lutte de libération nationale».

Le STC assume pleinement sa filiation, «ce n’est un secret pour personne», souligne Jacky Rossi. Pour autant, l’organisation se défend d’être inféodée à la mouvance indépendantiste. «C’est un syndicat nationaliste mais pas de nationalistes. En 1991, le STC a pris son envol. Depuis, il est coupé du système politique», poursuit-il. Et de
rappeler, en notant que les «recadrages» sont parfois nécessaires, que les statuts interdisent à tout adhérent détenteur d’un mandat syndical d’être candidat à une élection dans une ville de plus de 3 000 habitants.

«Indépendant», le STC n’en rejoint pas moins les partis politiques nationalistes quand il s’agit de lutter pour l’enseignement et la sauvegarde de la langue et de la culture corses ou encore la «corsisation» des emplois. A la SNCM ou dans d’autres secteurs d’activités, cette revendication est battue en brèche par FO, la CFDT et la CGT, qui la jugent «populiste et discriminatoire». De l’avis de Jacky Rossi, elle fait pourtant son chemin. Il en veut notamment pour preuve l’implication des élus traditionnels dans le règlement du conflit à la compagnie maritime nationale.

Soulignant que le président UMP du conseil exécutif de Corse, Ange Santini, a soutenu le «rééquilibrage» des emplois entre résidents continentaux et résidents insulaires réclamé par le STC, que «40% des adhérents du syndicat sont non corses», son secrétaire général enfonce le clou : «La corsisation n’a rien à voir avec les liens du sang. Elle consiste simplement à permettre à des gens qui vivent en Corse d’y trouver du travail.»

source: figaro.fr

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Tags: Europe · Général · Société