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L’Europe appelle les démocrasseux à faire bloc contre la Serbie…

December 30th, 2003 · Commenter (Pas de commentaire)

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Serbie · Si les ultranationalistes vainqueurs peinent à trouver des alliés, la mésentente du camp démocratique fait mal augurer du futur gouvernement. Les voisins ont des craintes.
Chef ultranationaliste accusé de crimes de guerre, Vojislav Seselj paiera sans doute la tournée du vainqueur à ses codétenus de La Haye. Le Parti radical, qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages (28%) lors des législatives dominicales en Serbie, s’est empressé de leur dédier son succès. Mais la tête de liste, derrière ses barreaux, devra se contenter d’un siège symbolique ou s’effacer au profit d’un suppléant. Il en ira de même pour Slobodan Milosevic, dont les socialistes ont reçu 7% des voix.
Avec 103 élus sur 250, ces représentants de l’ancien régime sont loin de la majorité au parlement. Leur performance risque toutefois de peser lourd sur le camp démocratique, dont les querelles ont précipité le scrutin après trois ans de pouvoir et font mal augurer d’un futur gouvernement. «De nouvelles élections sont possibles d’ici à un an», estime un ténor réformateur.
contre la corruption
Analystes et politiciens expliquent diversement la poussée nationaliste. Peu d’entre eux l’imputent au refus de rompre avec le passé, qui a fait paraître «politiquement correcte» la candidature de personnalités inculpées par la justice internationale. Beaucoup, en revanche, dénoncent la pression extérieure. Les radicaux se réclament des «citoyens serbes qui en ont eu assez d’être humiliés». Vojislav Kostunica, leader du Parti nationaliste qui mène les forces démocratiques avec 18% des votes, critique aussi le «chantage» exercé sur le pays.
Aux yeux de la plupart, 60% des électeurs se sont cependant d’abord déplacés pour protester contre les piètres résultats et la corruption du pouvoir réformateur, qui n’a pas résorbé le chômage (32%) et assez amélioré le niveau de vie. Les autres sociétés postcommunistes, rappelle un ministre, ont déjà exprimé ce besoin d’alternance.
L’opposition radicale cherche des partenaires. Mais Vojislav Kostunica, sollicité hier, a jusqu’ici refusé de coopérer. Vuk Draskovic, de retour au parlement avec 23 monarchistes après une éclipse, a aussi exclu de rallier le camp anti-occidental. Il reviendra donc probablement aux fossoyeurs désunis du régime Milosevic de former le nouveau cabinet. Kostunica gouvernerait volontiers avec les experts économiques du G17 Plus (12 % des voix). Cette alliance resterait cependant minoritaire. Seule une réconciliation, longtemps écartée, avec l’équipe sortante du premier ministre défunt Zoran Djindjic (13%) lui apporterait une confortable majorité.
Javier Solana, chef de la diplomatie européenne, invite «toutes les forces démocratiques à travailler ensemble» pour former rapidement un gouvernement basé sur un solide «programme de réforme européen». Mais les partis divergent sur l’essentiel, du tempo du changement, que le G17 Plus veut rapide, aux relations avec La Haye, le Kosovo et le Monténégro, sur lesquelles Kostunica a un point de vue très nationaliste. Le Gouvernement kosovar s’inquiète déjà pour «la sécurité, la paix et la stabilité dans la région». Quand la Serbie n’a pas de président après trois scrutins infructueux, les observateurs redoutent les conséquences désastreuses d’une crise gouvernementale. «Si nous ne pouvons pas obtenir la majorité maintenant, a prédit un radical, nous le ferons dans six mois après de nouvelles élections.»
Source: La Liberté du 30 Décembre 2003

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Tags: Général

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