“Ils auront à considérer la vie comme une milice : discipline et danger, abnégation et renoncement à toute vanité, à l’envie, à la paresse et à la médisance. Parallèlement, ils serviront cet esprit de façon joyeuse et sportive. ” Voilà en ces quelques mots de José Antonio Primo de Rivera, résumé l’esprit de la Phalange espagnole et de ses militants, ces jeunes disposés à sacrifier leur personne pour la régénération de leur pays ; un esprit de service et de sacrifice.

José Antonio avec Ramiro Ledesma Ramos, le chef des Juntes d’Offensive Nationale-Syndicaliste, crée la Phalange en octobre 1933, à la croisée de la tradition et de la révolution, un mouvement qui incarne la jeunesse, le nationalisme et le changement, un mouvement authentiquement révolutionnaire et mystique. En 1935-36 la Phalange compte près de 10 000 membres actifs dont 70 % sont des jeunes de moins de 21 ans. Les phalangistes étaient jeunes et résolus à transformer leur société, une Espagne alors sous-développée, déchirée par le clivage Républicains/Monarchistes et conservateurs, dominée par l’Eglise et l’armée et entendaient lutter pour la justice sociale.
Ils voulaient servir une cause juste et belle : la patrie et le progrès. Servir sans se servir. José Antonio en exaltant le sens religieux de la vie n’en défend pas pour autant ce catholicisme intransigeant que l’on trouve alors dans son pays. Il se considère comme un missionnaire de l’Espagne, non comme un missionnaire de Dieu. S’affirmer religieux (religion du latin religere, signifie connecter, unir) revient ici à relier l’homme à une réalité transcendante, libre de tout ce qui est périssable et contingent. Cette réalité sera la nation chez José Antonio, la tradition chez Julius Evola.
L’homme doit déployer toute son énergie, toutes ses forces physiques et intellectuelles pour combattre ; se donner une ligne de conduite et n’en plus bouger, animé par cette force transcendante et guidé par son idéal. La Phalange, c’était l’élite de la nation. José Antonio croyait au rôle prépondérant de l’élite, cette minorité créatrice, seule digne de se voir confier la tâche de construire un mouvement à la hauteur des ambitions espagnoles, un mouvement avec comme moteur le coeur et le style. ” Nous ne cherchons pas à rassembler des voix, mais plutôt à regrouper une minorité courageuse, hardie…Nous cherchons à constituer des groupes de jeunes militants qui ne trembleront pas devant un revolver braqué sur eux, que ne rebutera pas la discipline des camps ”, expliquait José Antonio.
Emportée dans le tourbillon de la politique et de la guerre civile, la Phalange perdra, une fois son chef assassiné en novembre 1936, toute vélléité constructrice et progressiste. La Phalange récupérée par le camp anti-républicain va se transformer en instrument anti-ouvrier, apparaître comme un rempart contre la révolution. Néanmoins, les militaires demeurent méfians envers elle et ne lui laissent pas prendre l’initiative, ni la tête du soulèvement du 18 juillet 1936.
Traitée comme un simple auxiliaire de l’armée , la Phalange authentique n’existe déjà plus et sa doctrine nationale-synficaliste s’évanouit dans le franquisme.
Au contraire de ceux qui vivent de la politique, nous, nationalistes sommes dans le camp de ceux qui meurent pour leur idéal. Convaincus que les nationalistes ne meurent jamais pour rien, les jeunes phalangistes espagnols ont tracé la voie des combats d’aujourd’hui.
:: Texte publié en juillet 1994 dans le numéro 6 de Réfléchir&Agir ::



