Blocher demande des cours de langue pour les chefs religieux
Connaître une langue nationale et le fonctionnement social en Suisse. Voilà les domaines que devront sans doute bientôt maîtriser les imams étrangers dans notre pays. Dans le projet d’ordonnance sur l’intégration des étrangers, Christoph Blocher assortit l’octroi d’une autorisation de séjour à la fréquentation d’un cours de langue et d’intégration «dans la mesure où cette condition sert l’intérêt public». En clair les personnes souhaitant exercer une fonction publique en Suisse, un responsable religieux par exemple, ne pourront prendre leurs quartiers sans un minimum de connaissance du mode de vie helvétique. Cela vaut pour les imams, mais aussi pour les prêtres catholiques et les prêcheurs itinérants venus de l’étranger.
«Une telle formation est extrêmement souhaitable, commente François Jung, membre du Groupe de recherche sur l’islam en Suisse (GRIS). Un imam est un chef religieux, mais il a aussi une fonction d’écoute et de conseil. Il joue le rôle d’un sage qui trouve un équilibre entre ce qui est dit dans les textes sacrés et ce qui se passe dans la vie de tous les jours. Comment quelqu’un qui ne connaît pas le contexte dans lequel évoluent les fidèles pourrait-il les conseiller?» Avis partagé par Stéphane Lathion, président du GRIS: «Un imam tout juste arrivé du Pakistan, d’Arabie saoudite ou d’Algérie ne pourra pas amener des réponses concrètes face aux difficultés rencontrées par les musulmans en Suisse.»
«Ne pas céder à la pression»
En Suisse romande, la maîtrise de la langue ne semble pas poser de problème. «Les orateurs dans les lieux de prière parlent souvent le français, explique François Jung. Et quand ce n’est pas le cas, il y a toujours quelqu’un pour traduire.» Il en va autrement pour la familiarisation aux valeurs helvétiques. «Certains imams ont parfois un discours condamnable et problématique qui provoque le malaise auprès de leurs fidèles, souligne Stéphane Lathion. Le problème, c’est qu’on ne parle que d’eux, ceux qui choquent.» Fervent partisan d’une formation pour les leaders religieux, le président du GRIS met en garde toutefois contre des décisions hâtives. «Lancer le débat est primordial, explique-t-il. Mais il ne faut pas céder à la pression actuelle. Imposer une formation sans qu’elle ait reçu l’approbation des communautés musulmanes est voué à l’échec.»
source: lematin.ch



