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Altermedia Suisse: En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)


Les idées empaillées du taxidermiste.

April 19th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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http://www.24heures.ch/home/journal/gros_titres/index.php?
Page_ID=6445&art_id=36055&Rubrique=Gros+titres

Décidément, on aime défoncer des portes ouvertes, chez 24 Heures, ces temps-ci. Après l’héroïque prise de position du médiateur contre le racisme, quelques jours plus tôt, Henri-Charles Tauxe nous édifie encore plus en page 2 du samedi 17 avril. Son papier, intitulé « Que faire face à la violence ? », donne une réponse limpide à cette angoissante question, dès la seconde partie du titre : « Mieux se connaître, écouter l’autre ». On en reste sur le cul.

Partant d’une réflexion sur les « enfants soldats », notre chroniqueur n’hésite pas à s’attaquer, lui aussi, à un grand tabou : la guerre. Figurez-vous qu’il trouve ça mal, le bougre !

(…) il n’y a pas de «guerre propre». Soulignons à ce sujet les déclarations de deux experts militaires américains, Janet et Chris Morris, cités par Alvin et Heidi Toffler dans leur remarquable ouvrage Guerre et contre-guerre. «On ne saurait rendre la guerre humaine, propre ou facile. La guerre sera toujours terrible.»

On frémit face à tant d’effronterie. Tremblez, complexes militaro-industriels ! Voilà encore un intellectuel qui n’hésite pas à vous pourfendre de sa plume, et il ne se la plante pas où vous pensez, vous pouvez me croire !

Ce d’autant plus qu’il se permet, en plus, de fustiger le politiquement correct en ces termes :

(…) il faut dépasser les schémas interprétatifs sclérosés. Les origines de l’explosion agressive sont très complexes, encore mal connues; elles peuvent nous renvoyer à la détresse intérieure qui mine aujourd’hui de très nombreux habitants de la Terre. (…) Une meilleure connaissance de soi est certainement l’une des voies à privilégier pour tenter de sortir de la néfaste destructivité. Nous disposons actuellement d’un savoir très riche de nos composants psychobiologiques, mais nous en restons trop souvent, dans les écoles, les parlements, les publications, à des préjugés moralisants ou des abstractions technocratiques.

Ça c’est envoyé ! La dictature bourgeoise tremble sur ses bases ! L’establishment est en déroute ! Et quelle recette révolutionnaire nous propose notre génial provocateur ? Eh bien tout simplement… de continuer à faire exactement les mêmes conneries qu’il dénonce trois lignes plus haut, à savoir de rester au niveau des abstractions imbéciles et des principes moralisateurs écoeurants de niaiserie:

Comme l’exprime très justement Albert Jacquard: nous sommes riches de nos différences. Les manifestations trop fréquentes de la xénophobie, du racisme, des préjugés sectaires, fanatiques, dévoilent ce qui nous manque encore terriblement: l’ouverture à l’autre, dans un esprit de solidarité, de partage des connaissances des émotions, des impulsions de créativité.

La violence et l’incivisme progressent malgré la promotion de la Tolérance et de la Diversité ? Alors poursuivons courageusement à promouvoir la Diversité et la Tolérance. Ça finira bien par marcher, nom de Dieu. On ne peut s’empêcher de penser au Malade Imaginaire, de Molière, et à sa cohorte de toubibs imbéciles, prétendant tout soigner par le clystère et la saignée… Le remède ne fonctionne pas, mais il est tellement beau qu’on ne peut pas se résoudre à en préconiser un autre !

ARGAN.- Quoi vous ne tenez pas véritable une chose établie par tout le monde, et que tous les siècles ont révérée?

BÉRALDE.- Bien loin de la tenir véritable, je la trouve entre nous, une des plus grandes folies qui soit parmi les hommes; et à regarder les choses en philosophe, je ne vois point de plus plaisante momerie; je ne vois rien de plus ridicule, qu’un homme qui se veut mêler d’en guérir un autre. (…)

ARGAN.- Les médecins ne savent donc rien, à votre compte?

BÉRALDE.- Si fait, mon frère. Ils savent la plupart de fort belles humanités; savent parler en beau latin, savent nommer en grec toutes les maladies, les définir, et les diviser; mais pour ce qui est de les guérir, c’est ce qu’ils ne savent point du tout.

(Acte 3)
CHodi
Source: Actualité Avant-Garde du 19 avril 2004.

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Tags: Général

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