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Les clubs de Lausanne deviennent une poudrière balkanique…

December 31st, 2003 · Commenter (Pas de commentaire)

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Alors que les incidents autour des discos se multiplient, les boîtes se mettent à la table des négociations avec les autorités. Elles attendent une charte.
Selon la nouvelle loi cantonale, les clubs (ici l’Amnésia, au bord du lac) sont responsables de la sécurité non seulement à l’entrée, mais aussi aux «abords immédiats» de la discothèque. Reste à définir ceux-ci.
Huit blessés. C’était, ces dernières semaines, le plus lourd bilan d’un week-end, à la suite d’altercations qui ont éclaté dans une discothèque et aux abords d’autres clubs à Lausanne. Un bilan presque passé inaperçu, hormis les quelques lignes de résumé quotidien de la police. Après une période calme cet été, le lot des rixes et de l’agressivité a en effet bien repris en marge de l’activité noctambule. Si bien que ces problèmes de sécurité sont devenus «une mission pour 2004», réagit aujourd’hui la municipale Doris Cohen-Dumani.
Préciser les limites
Les établissements eux-mêmes sont tombés d’accord pour mettre en commun leurs problèmes et y trouver une solution. Les principaux clubs se sont ainsi réunis en pool depuis le mois de juillet. Et, en octobre, ils se sont cette fois mis à table avec les autorités, afin de clarifier la situation. Car «les choses sont aujourd’hui un peu bloquées. Nous sommes montrés du doigt. Mais nous n’avons pas les moyens d’agir sans qu’on nous en précise les limites», synthétise Olivier Fatton, responsable de l’Amnésia.
Petit retour en arrière. A la base des discussions, une lettre envoyée le 23 septembre dernier par la police cantonale du commerce à toutes les discothèques et night-clubs. Celle-ci les rappelle aux obligations que leur impose la nouvelle loi sur les auberges et débits de boissons. Selon l’article 53, «les titulaires de la licence doivent veiller au respect de la tranquillité publique, dans l’établissement et à ses abords immédiats».
Glissement des habitudes
Reste à définir jusqu’où s’étend le périmètre du service d’ordre privé d’une boîte. «C’est tout le débat que nous avons avec les représentants de la Municipalité, de la police et de la police du commerce. Quand on dit abords immédiats, cela sous-entend la responsabilité du comportement de toute la clientèle potentielle à l’extérieur. Mais c’est plus complexe. Il peut aussi arriver que des incidents aient lieu à proximité, dans la rue qui est un espace public, sans rien à voir du tout avec le club», relève Antoine Müller, du Loft.
C’est ainsi le problème des noctambules qui se voient refuser l’entrée ou refoulés du club: «Il y a un glissement des habitudes. Les gens sortent de plus en plus tard, après avoir déjà fréquenté des bars. Certains sont déjà sous l’effet de l’alcool et c’est chez nous que ça retombe. Quand ils ne peuvent être acceptés dans leur état, cela crée de l’agressivité, des menaces. Avant, on gérait mieux. Maintenant, c’est plus difficile.»
Travailler en commun
Il y a également le problème des dealers, qui se tiennent non loin de là. Même s’il est interpellé par la police, il est probable qu’il SERA RELACHE PEU APRES ET QU’IL REVIENNE, alors menaçant cette fois les agents de sécurité du club. Quels sont les droits, les compétences de ceux-ci pour intervenir sur un territoire public? Quelles zones définir? «Nous ne sommes pas encore au clair», abonde Thierry Wegmüller, le patron du D! et maintenant du Cult.
Premier résultat de ces négociations: les clubs attendent «impatiemment» de la police une charte, qui précise les modalités de la collaboration. Quand et où intervenir, comment et quand appeler la police, etc. «La balle est dans leur camp. Je garde bon espoir que cela aille de l’avant», note Antoine Müller. «L’idée, c’est d’avoir une méthodologie et de travailler mieux, en commun», dit la directrice de la Sécurité publique, Doris Cohen-Dumani.
En fait, les relations entre les clubs et la ville étaient un peu tendues. Ces discussions ont ainsi permis de confronter deux visions souvent opposées, comme le dit Antoine Müller: «D’un côté, il y avait la solution de facilité de la ville qui cherche à se décharger et souligne que s’il n’y avait pas les clubs, il n’y aurait pas ces problèmes. De l’autre, nous avions l’impression que la police, ne pouvant gérer le comportement des individus, s’attaquait directement aux clubs.»
Pour le pool des clubs, le processus, qui devrait déboucher en janvier sur un groupe de travail, a ainsi été constructif. «Il y a une prise de conscience que nous n’aurons de résultat que si nous travaillons ensemble.»
Source: Le 24 Heures du 31 Décembre 2003

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Tags: Général

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