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les baleines nagent en eaux troubles

July 19th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Le torchon brûle entre les Etats baleiniers et ceux qui luttent pour la conservation de l’espèce.

Baleine

L’actuelle session de la Commission baleinière internationale est la réunion de tous les dangers. Le moratoire énoncé il y a 20 ans déjà n’est toujours pas contraignant. Et les chasseurs ont trouvé les alliés et les prétextes nécessaires pour continuer de tuer des cétacés.

Marie-Martine Buckens

La chasse à la baleine a repris de plus belle cette année. Malgré un moratoire international, vieux de près de 20 ans, l’Islande a en effet rejoint depuis un an le groupe des «irréductibles», le Japon en tête, suivi de la Norvège et de la Russie, pour reprendre, sous le couvert de prises à des buts «scientifiques», la chasse aux grands cétacés. Un sujet brûlant qui fera l’objet de discussions passionnelles à l’occasion de la 56e session de la Commission baleinière internationale, qui s’ouvre aujourd’hui pour quatre jours à Sorrento en Italie. D’aucuns, comme la Suisse qui depuis des années participe activement aux négociations, craignent d’assister à l’éclatement de cette commission mise sur pied au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

A Sorrento, les discussions entre les 55 membres de la commission risquent de s’envenimer. C’est que l’Initiative de Berlin, adpotée l’an dernier, sera à nouveau sur la table. Cet accord permet de faire de la conservation de l’espèce le coeur de la mission de la Commission baleinière. Ce, en lieu et place de la chasse. De plus en plus de pays «conservationnistes», comme la Suisse et la plupart des pays européens, ont grossi les rangs de la Commission baleinière, affaiblissant la position des pays pêcheurs traditionnels de cétacés que sont la Russie, le Japon ou la Norvège.

menaces japonaises

«Néanmoins, jamais la commission n’a été aussi polarisée, et un ou deux votes peuvent tout faire basculer», estime un expert. Qui ajoute néanmoins que le Japon n’aurait pas hésité à acheter le vote de certains nouveaux entrants comme Tuvalu. Et le groupe de travail de l’Organisation suisse pour la défense des cétacés (ASMS) craint que les Japonais n’aient trouvé assez d’alliés pour pouvoir abroger l’Initiative de Berlin.
Le Japon, de son côté, voit d’un très mauvais oeil les travaux du groupe scientifique chargé de mettre au point des normes pour gérer et contrôler les activités de pêche, de même que la création de nouveaux sanctuaires pour les cétacés, dans l’Atlantique-Sud et le Pacifique-Sud; une proposition qui sera négociée pour la quatrième fois.
Comme chaque année depuis son imposition en 1986, le Japon va réclamer la levée du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine. Principal consommateur au monde de viande de baleine, il n’exclut en outre pas de claquer la porte de la commission s’il n’obtient pas de résultats.

Les ONG montent au FRONT

Face à de blocage, la Suisse veut jouer un rôle de médiateur. Car, comme le dit un membre de l’ASMS, «le blocage a mené à une situation où une centaine de baleines supplémentaires sont tuées chaque année». Mais certains veulent aller plus loin. Ainsi, et c’est une première, 140 organisations non gouvernementales de 55 pays viennent de se rassembler sous la bannière de la puissante WSPA «World Society for the Protection of Animals» (Société mondiale pour la protection des animaux) du célèbre naturaliste David Attenborough pour faire pression sur les Etats. Trois mots d’ordre sont à l’ordre du jour: arrêter la pêche tant scientifique que commerciale, maintenir le moratoire et remettre sur le tapis la question des méthodes.

dangereuse pollution

Un dernier point qui tient à coeur à Sir Attenborough. Celui-ci vilipende les techniques actuelles de chasse: la charge installée sur le harpon et destinée à exploser à l’intérieur de l’animal ne le tue pas net, entraînant des souffrances pouvant durer plus d’un quart d’heure. En clair, selon les naturalistes, les discussions actuelles s’enlisent sur des questions de statistiques scientifiques alors que le véritable problème est selon le président du WSPA «qu’il n’existe pas de procédé «humain» pour tuer une baleine en mer.»
Si la chasse à grande échelle semble malgré tout relever du passé (lire ci-dessous), un autre danger, plus sournois et plus diffus, risque d’être fatal aux cétacés: la pollution. Celle des métaux lourds, notamment, mais aussi la pollution sonore (radars et bruits des bateaux) qui endommagerait gravement leurs sonars. Enfin, les mammifères marins risquent de souffrir des grands maux écologiques de notre siècle: le réchauffement climatique et la destruction de la couche d’ozone.
Vivant parfois plus de 190 ans, les baleines sont de formidables témoins du siècle passé. Et les polluants (comme le mercure) qu’elles ont accumulé au cours des années les rendent bien souvent impropres à la consommation. Un argument dont les Japonais ne semblent pas se soucier puisqu’ils financent des programmes dans les écoles pour inciter les élèves à consommer de la chair de baleine. MMB

source: laliberte.ch

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