dans la zone littorale de la mer Caspienne
Simultanément à la rencontre-surprise de Donald Rumsfeld, Patron du Pentagone, avec son homologue azéri, à l’aéroport de Bakou, l’Agence de presse d’Etat azérie, Azartadj, a rapporté que les Etats-Unis cherchaient à déployer une force spéciale dite « Garde de la Caspienne », dans la zone littorale de cette mer. Selon certaines informations, le projet en question a été élaboré, en 2003, au Secrétariat américain à la Défense, projet, dont l’objectif est d’assurer la sécurité des unités et des organismes chargés de la prospection et de l’exploitation du pétrole, ainsi que de protéger les pipelines d’éventuels attentats terroristes. Même si l’on ne connaît pas, en détail, la teneur des pourparlers, entre Rumsfeld et Safar Abiov, cependant, la plupart des analystes, en évoquant le projet dit « Garde de la Caspienne », estiment que les Etats-Unis tentent d’imposer à Bakou leurs desseins expansionnistes.
Le quotidien azéri « Azadliq » a rapporté, dans son édition du mercredi 13 avril, que le Président azéri était allé, au Pakistan, et ce, au seuil de la visite de Rumsfeld, pour éviter toute rencontre avec le Secrétaire à la Défense. Ces dernières semaines, Washington, en consacrant 7 millions de dollars à la tenue des élections législatives prétendument démocratiques, en Azerbaïdjan, s’ingère de plus en plus dans les affaires intérieures de ce pays. Les rencontres de l’Ambassadeur américain, à Bakou, avec les dirigeants pro-occidentaux de l’opposition azérie montrent, en quelque sorte, que les Etats-Unis cherchent à provoquer une révolution de couleur, en République d’Azerbaïdjan, appelée « Révolution violette », par les opposants azéris ; ce qui a même inquiété certains responsables du parti au pouvoir, à Bakou.
La plupart des experts sont d’avis que Washington, en brandissant la menace d’une « Révolution violette » contre Bakou, tente de faire ingurgiter aux autorités azéries ses projets expansionnistes. La création d’une base des forces rapides et la mise en place d’une Garde de la Caspienne, en République d’Azerbaïdjan, pour protéger l’oléoduc Ceyhan-Bakou, de prétendus attentats terroristes, comptent, éventuellement, parmi les demandes faites, par Rumsfeld, à Abiov. Et ce, dans une conjoncture où la plupart des pays du littoral de la mer Caspienne estiment qu’aucun danger régional ne menace leurs intérêts nationaux. Bien au contraire, c’est la présence même des Etats-Unis qui est une menace pour la région.
L’opinion publique de l’Azerbaïdjan considère toute coopération militaire de son pays avec Washington comme allant à l’encontre de ses intérêts nationaux, d’autant qu’une loi adoptée, l’an dernier, par le parlement azéri, interdit au gouvernement de Bakou l’octroi d’une base militaire aux pays étrangers. Si les Etats-Unis sont, vraiment, décidés à imposer une « Révolution violette », en République d’Azerbaïdjan, les concessions éventuelles du gouvernement d’Aliev ne sauraient être capables d’empêcher un tel processus. Ce que Washington cherche, ce sont ses propres intérêts et non pas des amis sûrs et permanents. Seuls, les gouvernements basés sur la volonté populaire seront à même de résister, catégoriquement, aux exigences expansionnistes de l’Administration américaine.
(IRIB Commentaires, 14 avril 2005)



