Dire qu’il y a peu d’années encore on présentait ce pays comme la perle de l’Afrique francophone et un exemple de décolonisation réussie ! Que c’est il passé ? Il semble que certains des dirigeants de Côte d’Ivoire aient commis l’erreur fatale de laisser s’installer au nord du pays une importante population immigrée - en majorité musulmane - venant de contrées voisines, dont notamment du Mali et du Burkina- Fasso.
Du coup l’équilibre ethnique et religieux, toujours délicat dans ces pays, a été rompu. En plus, il semble bien que certains pays de la région ou d’ailleurs ( suivez mon regard ) n’aient pas manqué de souffler sur les braises…La rebellion a commencé il y a deux ans selon le schéma classique: nord contre sud, musulmans contre chrétiens et animistes, rebelles contre gouvernementaux. Le gouvernement français ne pouvait rester indifférent face à cette guerre civile dans une région où vivaient de nombreux français et dans laquelle d’importants intérêts français étaient en jeu.
Il aurait pu - il aurait même dû en se fondant sur le droit international - se ranger derrière le gouvernement légal de Monsieur Gbagbo et l’aider à combattre les rebelles. Au contraire, il a choisi la neutralité, ce qui en l’occurence avantageait les rebelles.
C’est ainsi notamment que l’armée française a été déployée sur une ligne séparant le nord du sud, empéchant ainsi l’armée régulière, mieux armée, de détruire les rebelles. Le Gouvernement Chirac, tentant de mettre sur pied une chimérique ” réconciliation”, a obligé Laurent Gbagbo et les rebelles a signer les “accords de Marcoussis”, aux termes duquel un gouvernement commun serait créé, au sein duquel cohabiteraient des ministres issus du gouvernement Gbagbo et d’autres issus des rebelles. On croit réver !
Imagine-t-on qu’on aurait arrêté la guerre d’Espagne en organisant un gouvernement de concertation issu pour moitié du général Franco et pour moitié des rouges ? Il faut être sorti de l’E.N.A. pour imaginer des sottises pareilles ! Quoiqu’il en soit, les accords de Marcoussis n’ont jamais été respectés et depuis quelques semaines, l’armée régulière, qui ne pouvait attaquer le nord au sol, a choisi de sauter par dessus la ligne démilitarisée à l’aide de sa force aérienne, pas très puissante, mais quand même… Les incidents se sont multipliés, jusqu’à la bavure de Bouaké ou quelques chasseurs ivoiriens ont attaqué - est-ce une érreur, est-ce volontaire ? ) des installations des troupes françaises, tuant 9 de nos soldats et en en blessant une quarantaine.
Paris ne pouvait faire moins que de riposter immédiatement en détruisant la plus grande partie de la force aérienne ivoirienne, privant au passage le Président Gbagbo d’un atout important. La suite, cela a été la chasse aux blancs et le départs de nombreux français. Il ne manque pas de français, vivants depuis longtemps en Côte d’Ivoire, pour dire que ces incidents inadmissibles étaient la conséquence logique du choix malencontreux - digne de gribouille - fait par le gouvernement français. Il est difficile maintenant de savoir ce qui va se passer. Une chose est sûre, l’affaire est maintenant internationalisée - via l’ONU et l’Union africaine - et échappera de plus à la France. Voilà ce qui arrive quand on prend en politique étrangères des positions dictées par l’idéologie, voire les bons sentiments.
Georges Rousseau - La lettre de la restauration nationale



