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Le cerveau de la brigade «Martyrs pour le Maroc» a été identifié à Zurich, juste avant son expulsion

October 21st, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Le Ministère public de la Confédération envisage d’enquêter pour terrorisme contre le chef présumé de la cellule espagnole démantelée mardi. Mohammed Achraf était sur le point d’être refoulé dans son pays, l’Algérie, après avoir violé la loi fédérale sur le séjour des étrangers en Suisse.

Le cerveau présumé du groupe terroriste islamique qui projetait de faire exploser l’Audience nationale à Madrid se trouve dans une prison à Zurich. Complètement par hasard. Car Mohammed Achraf était sur le point d’être refoulé en Algérie pour violation de la loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers en Suisse. Le mandat d’arrêt international du superjuge Baltasar Garzon et les premiers contacts avec Europol ont stoppé net cette expulsion.

Berne attend maintenant une demande d’extradition en bonne et due forme de la part de l’Espagne. Par ailleurs, le Ministère public de la Confédération (MPC) envisage l’ouverture d’une enquête pour terrorisme contre l’Algérien. Le MPC entend déterminer si cet homme a aussi mis sur pied un réseau terroriste sur sol helvétique. Si c’était le cas, il pourrait être traduit devant un tribunal en Suisse.

Sans les révélations de la presse, les autorités fédérales auraient embarqué de force ces prochains jours ce membre du Groupe islamique armé (GIA) sur un des vols pour l’Algérie afin de suivre la procédure normale de refoulement. Sa trace aurait alors été complètement perdue. «C’était une course contre la montre, explique Hansjürg Mark Widmer, chef de la communication du Ministère public de la Confédération. A la suite de la parution d’articles de presse et après avoir compilé plusieurs indices, nous avons pu enfin localiser ce matin (mercredi 20 octobre) la personne qui est suspectée d’être le chef du réseau qui vient d’être démantelé.»

Arrêté par la police il y a près de cinq semaines pour entrée illégale dans le pays, le terroriste présumé utilisait plusieurs identités pour échapper aux contrôles policiers. Mohammed Achraf se faisait entre autre appeler «Mikael Etienne Christian». Une chose est acquise, la police fédérale n’était pas du tout au courant jusqu’à hier matin des projets du cerveau présumé de la cellule islamiste qui dormait dans une prison zurichoise. L’objectif du chef de la brigade terroriste qu’il a lui-même appelée «Martyrs pour le Maroc» était pourtant clair d’après les enquêteurs espagnol du CNI (Centro National de Inteligencia). Ce groupe «radical et violent» avait l’intention de venger ses acolytes des attentats du 11 mars à Madrid détenus par le juge Baltasar Garzon. Le moyen était aussi simple qu’effrayant: envoyer un camion suicide bourré de 500 kg d’explosifs dans l’entrée principale du bâtiment central de l’Audience nationale à Madrid, la principale instance pénale du pays.

De sa cellule zurichoise, Mohammed Achraf, alias «Mikael Etienne Christian», continuait à peaufiner l’attentat selon les inspecteurs du CNI et une source du Ministère de l’intérieur espagnol. Il aurait réussi à entrer en contact à plusieurs reprises avec les huit islamistes en Espagne grâce à un téléphone mobile. Il a aussi réussi à envoyer plusieurs lettres depuis Zurich dans lesquelles il affinait la stratégie de l’attentat contre l’Audience nationale à Madrid. Les agents du CNI espagnol ont intercepté plusieurs de ces lettres écrites de sa propre main avec des croquis explicites. «Les prisons sont des bazars, on y trouve de tout, explique un inspecteur fédéral de la sûreté. Cigarettes, boulettes de cocaïnes, téléphones portables clandestins: tout se troque. Il n’est pas étonnant qu’un détenu puisse continuer à faire ses affaires en toute quiétude.»

Curieusement, le Ministère public de la Confédération n’a pas été prévenu par les autorités de poursuite pénale espagnoles. La voie normale de la demande d’information policière ou d’entraide judiciaire n’a pas été empruntée. «Je comprends la rapidité avec laquelle la police espagnole et la presse ont réagi, dit HansJürg Mark Widmer. Depuis les attentats du 11 mars à Madrid, ils doivent rendre des comptes à la population et être le plus transparent possible.»

Par ailleurs, les services de renseignement néerlandais (AIVD) enquêtent sur d’éventuels liens entre les Pays-Bas et les islamistes interpellés en Espagne. «Il y a parmi les personnes arrêtées un homme qui avait déjà été interpellé en avril aux Pays-Bas et qui est soupçonné de falsifier des passeports pour un réseau terroriste», a expliqué à l’AFP un porte-parole de l’AIVD, Vincent van Steen. Une autre personne arrêtée en Espagne mardi a un passeport néerlandais, et il serait également question de transferts d’argent. De son côté, la police australienne a déclaré mercredi mener une enquête, toujours à la demande de l’Espagne, sur les activités d’un homme soupçonné d’être lié à un groupe islamiste qui aurait projeté un attentat contre la plus haute instance pénale espagnole.

source: letemps.ch

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Tags: Général · Société · Suisse