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La Swisskoy soutient la KFOR au Kosovo.

April 12th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Depuis le déchaînement de violence du mois dernier contre la minorité serbe, la situation s’est un peu calmée au Kosovo. Mais les perspectives politiques incertaines ne font qu’alourdir le quotidien déjà peu réjouissant des habitants de la province.

La cohabitation pacifique espérée entre Serbes et Albanais reste impossible. Et les troupes internationales doivent protéger les enclaves serbes.

Le feu sous la cendre

Depuis les événements de la mi-mars, le contingent international de la KFOR a été augmenté. L’ONU a autorisé le recours à la force pour rétablir la paix. Et chez les Suisses également, les mesures de sécurité ont été renforcées.

C’est dans ce contexte que débarque le 10e contingent de la Swisscoy, formé de 182 hommes et 17 femmes : Un record !

Depuis quelques semaines, ces soldats ont suivi un entraînement à la caserne de Stans (Nidwald). Et c’est là que leur est parvenue la nouvelle des attaques contre les Serbes.

«Tout le monde a pris brutalement conscience que le calme relatif qui régnait au Kosovo depuis quelques années était trompeur, et que le feu couvait sous la cendre», explique à swissinfo Adrian Baumgartner, responsable de la communication au Centre de compétences pour les engagements de l’armée suisse à l’étranger.

Quelques uns des volontaires ont certainement dû se sentir mal à l’aise, mais aucun n’a choisi de renoncer.

«Ces flambées de violence ont renforcé chez nos soldats le sentiment de l’importance de leur mission», estime Adrian Baumgartner.

Se préparer au pire

Quant au programme de formation, il n’a pas été utile de le modifier en fonction des événements sur le terrain. Les soldats de la Swisscoy sont en effet de toute façon préparés au pire.

On les entraîne à toujours rester attentifs au respect le plus strict des règles de sécurité. En période de calme apparent, les hommes risquent en effet de s’installer dans la routine, ce qui, en cas de coup dur, peut avoir des conséquences fatales.

Et si la situation au Kosovo venait soudain à empirer de manière dramatique?

La réponse d’Adrian Baumgartner est claire: «Avec la Swisscoy, notre pays est partie intégrante du dispositif international au Kosovo. Il ne pourrait pas si facilement s’en retirer. Nous dépendons tous les uns des autres».

Pas question donc d’être les seuls à s’en aller.

En place depuis 1999

La Swisscoy soutient la KFOR, la force internationale de paix au Kosovo depuis 1999.

Les premiers contingents n’étaient pas armés. Mais depuis le vote du peuple en 2001 sur la modification de la loi militaire, les troupes suisses à l’étranger ont le droit de porter des armes, pour leur propre défense.

Jusque là, le fait que la Suisse neutre puisse envoyer des soldats armés à l’étranger était tout simplement impensable.

Les Suisses n’envoyaient que des observateurs militaires ou du personnel médical dans les missions des Nations Unies ou des casques jaunes, qui ont notamment servi de mécaniciens et de chauffeurs pour la force de paix multinationale en Bosnie.

Avec la Swisscoy, Berne avait cependant déjà trouvé avant la votation de 2001 une niche lui permettant de participer à la mission de paix de la KFOR.

Sécurité et coopération

Le changement de la donne géopolitique mondiale à la fin de la guerre froide a placé l’armée suisse face à de nouveaux défis. Contre les menaces que sont le terrorisme ou l’emploi d’armes de destruction massive, la Suisse a compris qu’elle ne pouvait désormais plus se défendre seule.

Depuis son entrée en fonctions, l’actuel patron de l’armée Christophe Keckeis a souvent répété que la Suisse devait collaborer plus étroitement avec l’Union européenne et avec l’OTAN.

Bien qu’elle ne fasse pas partie de l’Alliance atlantique, la nouvelle Armée XXI s’est donné pour devise «la sécurité par la coopération». Ce qui devrait l’amener à l’avenir à participer plus activement encore aux missions internationales de maintien de la paix.

Menaces sur le budget

L’engagement de la Swisscoy offre aux militaires helvétiques l’occasion d’acquérir de l’expérience et de nouer des contacts au niveau international. Mais l’avenir de ces missions au-delà de 2005 pourrait bien être menacé pour des raisons d’économies.

«Le fait de renoncer à cet engagement poserait de sérieux problèmes», expliquait récemment à swissinfo Andreas Wenger, directeur de l’Institut de recherche pour la politique de sécurité de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Selon lui, la ligne de défense des pays européens va se situer toujours plus loin de leurs frontières. Les missions de maintien de la paix font donc partie intégrante d’une politique de défense moderne.

«De plus, ajoutait Andreas Wenger, ce type d’engagement représente quasiment la seule possibilité qu’ont les militaires suisses de pratiquer la coopération internationale».

Source: swissinfo

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Tags: Général

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