BERNE - La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) a épinglé la Suisse. Elle met notamment en cause le durcissement du climat politique à l’égard des étrangers. Les abus policiers envers les Africains sont également évoqués.
Dans son troisième rapport sur la Suisse, l’ECRI reconnaît que des progrès ont été réalisés dans certains domaines, mais elle juge qu’il reste encore du pain sur la planche. Les autorités devraient par exemple «prendre des mesures en vue de contrer le climat généralement négatif à l’égard des demandeurs d’asile et des réfugiés».
L’ECRI les exhorte à réagir fermement contre les manifestations de racisme ou de xénophobie, «qu’elles émaillent le discours de certains hommes ou partis politiques ou bien qu’elles déteignent sur la conduite de certains fonctionnaires».
Autre problème soulevé par la délégation qui a visité la Suisse en mai dernier, l’absence d’interdiction générale de discrimination au niveau de la loi. Si la constitution fédérale ancre désormais ce principe, il s’agit de prévoir des dispositions antidiscriminatoires aussi dans des domaines comme le logement, l’emploi ou les prestations de services.
L’ECRI épingle aussi les écarts de conduite et le traitement discriminatoire de la police à l’égard de membres de certains groupes minoritaires, en particulier des Noirs africains. Dans sa réponse, la Suisse relativise ce problème.
Parmi les nombreuses interventions quotidiennes de la police, des «bavures peuvent parfois se produire», signale le Département fédéral de l’intérieur dans sa prise de position. Au contraire, la Commission fédérale contre le racisme - qui demande qu’une plus grande attention soit accordée aux critiques soulevées par le rapport - juge qu’il «y a beaucoup à faire dans ce domaine».
© ATS
La Suisse épinglée par la Commission européenne contre le racisme
January 27th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)
Tags: Général



0 responses so far ↓
There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.
You must log in to post a comment.