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Kebabs et Macdo prospèrent en Hélvétie…

March 8th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Kebabs et Macdo prospèrent sur de tout petits salaires
Si l’un joue la carte de l’exotisme, l’autre la qualité et la fraîcheur. Mais les rivaux du fast-food emploient tous deux du personnel mal payé.
Qu’il s’agisse des Macdo ou des kebabis, la prospérité passe par les petits salaires des employés, qu’il s’agisse d’étudiants ou de requérants.
LES FAITS:
Fast-food oriental et américain rivalisent sur le marché du repas rapide dans les rues helvétiques. Derrière les contrastes en vitrine, des ressemblances profondes: McDonald’s recrute des étudiants, les marchands de kebabs engagent des requérants d’asile à bas prix aussi. Pour l’heure, l’exotisme oriental semble les dispenser de garantir une viande irréprochable, alors que Macdo communique inlassablement sur sa qualité.
“Il y a deux ans, je gagnais 50francs pour six heures par jour chez un kebabi. J’étais requérant d’asile et mes 12francs d’aide sociale ne suffisaient pas. Après avoir obtenu mon permis B, j’ai continué à travailler chez le même patron… mais pour 19francs l’heure cette fois”, raconte Azad*, jeune réfugié kurde à Lausanne. Son compatriote Serdar*, en Suisse depuis un an et demi, a trouvé un travail chez un kebabi à Fribourg: “Je fais entre dix et douze heures par jour pour 1500francs par mois. Ici, c’est comme ça, presque tous les kebabis font travailler des requérants.” La plupart des vendeurs de kebabs se plaignent de n’avoir aucun droit social. “Si je parlais français, je pourrais chercher un autre travail légal. Et si j’obtenais le statut de réfugié, je ne continuerai même pas un seul jour ce boulot”, raconte Serdar.
Un marché juteux
Le döner kebab rapporte de plus en plus. Aujourd’hui, il compte à Lausanne 27points de vente contre 3 Macdo, en ville de Fribourg, 14 contre 2, à Neuchâtel 5 contre 2. A côté des familles réfugiées qui travaillent pour gagner leur vie, des petites chaînes de trois ou quatre boutiques s’ouvrent en Suisse. Il n’y a pas de chiffre officiel, mais selon les grands fournisseurs de viande de kebabs, plus de mille lieux de vente emploient 4000personnes. Le sandwich oriental gagne chaque jour du terrain sur le hamburger. Selon Hasan Eray, employé du bistrot turc Ephes à Lausanne, c’est grâce à l’engouement des jeunes pour la culture orientale et à leur antipathie pour le modèle américain que le kebab progresse.
La plupart des employeurs sont des réfugiés politiques turcs et kurdes de la première heure, mais leur business prospère grâce aux jeunes demandeurs d’asile qui travaillent à 5 ou 10francs l’heure. La plupart travaillent au noir, ou dépassent les heures déclarées. “Chez les vendeurs de kebabs, il n’y a souvent pas de contrat, et la Convention collective de travail n’est pas applicable. On n’a pas encore accès à ce secteur”, constate Mauro Moretto, secrétaire central du syndicat UNIA.
Les employeurs de döner reconnaissent qu’ils font appel aux requérants d’asile. Selon Arif Kizildag, le traiteur de Beckgammon Kebab à Nyon, la plupart des patrons emploient de la main-d’œuvre bon marché et non qualifiée: “Je n’engage personne au noir. Mais les charges sont très élevées en Suisse. On est donc obligé de payer un bas salaire. Et les requérants cherchent justement un travail non qualifié ni déclaré.”
Macdo intègre étudiants et requérants
Macdo gagne aussi grâce aux requérants et étudiants qui se contentent de petits salaires. La marque étasunienne utilise des requérants du Sri Lanka et d’Afrique. Mauro Moretto estime que Macdo paie le salaire minimum de 3120francs brut, prévu par le Contrat collectif de la gastronomie-hôtellerie: “Au niveau des lois, ils respectent plus ou moins les contrats et ne pratiquent pas le travail illégal. Mais de temps en temps, l’entreprise signe des contrats individuels à court terme, et on ne sait pas combien ils paient.”
Alfredo* travaille depuis deux ans au Macdo de Crissier. Il a commencé à 14francs l’heure, actuellement il touche 17francs: “Nous sommes comme des machines, on n’a pas assez de pauses.” Selon cet étudiant à l’Université de Lausanne, ses collègues requérants gagneraient encore moins. De plus, ceux-ci paient l’impôt à la source, et doivent rembourser à l’Office fédéral des réfugiés l’aide sociale perçue jusque-là. En apparence, Macdo Suisse fait mine de ne pas redouter son concurrent oriental. Son porte-parole Werner Maeder explique que depuis la vache folle, la chaîne donne beaucoup d’importance à la publicité pour vanter la qualité. Sur les salaires, en revanche, il ne donne pas de chiffres.
*Prénoms fictifs
source: 24heures.ch

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Tags: Général

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