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Je suis prêt à aller démonter leurs magasins»

December 1st, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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L’accueil du géant allemand de la distribution s’annonce mouvementé.

AldiLes réactions à l’implantation d’Aldi en Suisse sont vives. C’est le moins que l’on puisse dire. La grogne monte chez certains artisans ou agriculteurs, et les menaces commencent à fuser. «Je suis prêt à mobiliser du monde pour aller démonter les magasins Aldi», tonne Willy Cretegny, représentant du mouvement viticole La Vrille et président de l’Association des marchés de Genève.

L’agriculteur genevois ne décolère pas: «Les hard discounters agissent au mépris de l’emploi local. Leur modèle de développement basé sur des prix cassés les oblige à s’approvisionner à l’étranger, là où les coûts d’achats sont les plus bas. De plus, le transport de ces produits pollue. Est-il normal que l’on importe des cornichons d’Inde?» L’agriculture n’est-elle pas protégée? «Il ne faut pas se leurrer, la libéralisation totale sur le lait, la viande et les légumes est pour demain.»

Parallèlement, Willy Cretegny craint que l’arrivée des «hard discounters» ne sonne la mort des exploitations biologiques: «On demande une agriculture propre, mais on autorise les pratiques de ces voyous du commerce qui tuent la production bio en pressant les marges. On oublie que les produits doivent payer leurs charges.» Il donne l’exemple des œufs. «Dix œufs coûtent 0,80 euro (1,2 franc) chez un casseur de prix en France voisine, contre 50 centimes pièce sur les marchés genevois.» L’agriculteur exige une réaction de la Commission de la concurrence (Comco): «Elle doit lutter contre ce type de commerce. Dans le cas contraire, seuls les gros domaines bio-industriels auront une chance de survie.»

Des craintes pour l’emploi

Parmi les opposants, Bernard Menuz, président de la Fédération des artisans et commerçants de Genève (FAC), craint pour l’emploi local: «Les postes précaires vont se généraliser et les conventions collectives passer à la trappe.» Willy Cretegny est également très méfiant: «Des ouvriers du bâtiment payés en dessous du tarif minimum ont été découverts sur le chantier du centre logistique d’Aldi à Zurich.»

Les syndicats sont aussi sur le qui-vive. David Hermann, secrétaire général d’Actions Unia, indique qu’une rencontre avec une délégation syndicale allemande de la distribution est prévue. «On suit cela de très près, précise-t-il. Aldi a annoncé son intention de payer des salaires 20% plus élevés qu’à la Coop, tout en cassant les prix. J’ai beaucoup de doutes là-dessus.» Actions Unia a l’intention de se battre. «On fera notre travail en faisant signer les conventions collectives de la branche», promet David Hermann.

Aldi à Genève? David Hermann n’y croit pas vraiment. «Aucune implantation n’est prévue dans la cité de Calvin. En fait, le canton compte déjà beaucoup de grands magasins (Coop, Migros, Carrefour, etc.). Il y a peut-être de la place pour un acteur supplémentaire, mais le flop de l’implantation de Casino démontre un potentiel limité.» Dans le cas où le géant allemand ouvrirait une enseigne à Genève, il devrait respecter la convention collective.

Willy Cretegny va prochainement monter au front. Une rencontre est d’ores et déjà agendée début janvier pour décider des mesures de luttes contre Aldi. «Les syndicats patronaux et ouvriers, mais aussi l’association Attac, tenteront de trouver des points communs pour livrer bataille.»

source: letemps.ch

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Tags: Général · Suisse