ZURICH La jeune Turque autorisée à porter un voile islamique dans le magasin affirme n?avoir subi aucune réaction négative. Une expérience qui ne fera pas changer d’avis les coopératives romandes
«Certaines clientes me demandent si j’ai le droit de porter un foulard. Lorsque je leur dis que oui, elles n’y voient pas de problèmes. Les hommes, eux, ne s’y intéressent pas.» Autorisée depuis deux semaines à se coiffer d’un voile islamique, H. H., la jeune Turque de 28 ans, employée d’une Migros zurichoise, s’est exprimée hier dans les colonnes du Tages-Anzeiger. Si son employeur reconnaît avoir reçu des réactions haineuses, l’employée, elle, n’a rien vécu de ce type. «Je n’ai subi aucune humiliation», promet-elle. Que ce soit de la part des clients ou de ses collègues. «La moitié a réagi positivement. L’autre voulait savoir pourquoi maintenant je portais un foulard.»
Cette expérience, qui ne semble poser aucun problème, ne fera pas changer d’avis les coopératives romandes. «Notre ligne est toujours la même, explique Isabelle Vidon, porte-parole de Migros Genève. Les employés ont une tenue de travail et les symboles religieux, quels qu’ils soient, n’en font pas partie.»
Réactions des clients
Notant n’avoir reçu aucune demande d’employée pour porter le voile, Isabelle Vidon souligne par contre le nombre élevé de réactions extérieures. «Beaucoup de clients nous ont signifié qu’ils ne voulaient pas voir de caissières portant un foulard.» A Neuchâtel, il en va de même. «Les employées qui sont en contact avec la clientèle ne sont pas autorisées à porter le voile, remarque Jacques Dekens, directeur des ressources humaines. Cela garantit aussi la protection des employés. Il pourrait y avoir des réactions violentes envers une caissière avec un foulard.» Dans le canton de Vaud, plus de tolérance: les demandes seront acceptées tant que la clientèle et le personnel se montreront compréhensifs.
Revenant sur ses motivations, H. H. garantit n’avoir reçu aucune pression. «Je suis musulmane, témoigne-t-elle. Je veux vivre selon ma foi. Personne ne m’a dit: tu dois. J’ai décidé par moi-même.» Choquer les gens est le dernier souhait de cette maman de deux petits enfants. «Je ne veux effrayer personne avec mon voile, assure-t-elle au journal alémanique. En le portant, je reste la même femme qu’avant. C’est comme lorsqu’on met une minijupe l’été et un manteau en hiver. Cela ne change rien.»
source: 24heures.ch



