Altermedia Suisse
Altermedia Suisse: En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)
fraternite francaise

Inquiétude.

April 13th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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L’Association contre le racisme (Acor) a déposé plainte le mois dernier contre les sites internet Avant-garde Suisse et Altermedia (24 heures du 25 mars). Mais elle pointait également du doigt certaines photos disponibles sur internet, aux adresses de deux organisateurs de discos mobiles. «On y voit des gens lever le bras pour faire le salut nazi. C’est un choix délibéré de publier des photos comme ça», estime Jiuliano Carobbio, l’un des permanents d’Acor.
L’association s’est penchée sur le problème car elle a été alertée par un apprenti yverdonnois, qui s’était fait traiter de «sale nègre», l’an dernier, par un organisateur de bal de campagne de la région. Insulte qui a fait l’objet d’une plainte pénale. La publication de photos tendancieuses sur la toile pourrait être liée à une culture raciste et discriminatoire dans ce genre de soirées, pense l’association.

Pose au choix

«Les gens prennent la pose qu’ils veulent sur les photos, ils ont le choix et c’est leur problème», explique Jo*, l’un des photographes de la disco mobile Pink Spider. Samedi soir, au bal de campagne à Mathod, il parcourait la salle pour prendre des clichés numériques. «En principe, on en retient entre 100 et 150 pour chaque soirée que nous animons et nous les mettons sur internet. Les jeunes qui le veulent peuvent nous écrire et nous demander de les ôter. Mais aucune association contre le racisme ne nous a jamais rien dit», crie-t-il pour couvrir le boum-boum de la musique.

L’heure du hard

A 1 heure du matin, plusieurs morceaux de hard rock sont diffusés. Des jeunes yos attablés (reconnaissables à leurs casquettes) ne bronchent pas. Sur la piste de danse, on aperçoit une vingtaine de crânes rasés. Certains se mettent torse nu et des mains se lèvent avec l’index, l’auriculaire et le pouce dressés. «Ça veut dire j’aime le hard», affirme un danseur.
L’un d’eux lève le bras plusieurs fois, au garde-à-vous. Là, le doute n’est plus permis. «Celui-là, il va se faire sortir s’il continue», observe un ado appuyé contre le mur. L’un des quatre agents de sécurité de l’entreprise Errem, qui patrouillent en permanence, intervient pour calmer quelques excités. «Les bagarreurs sont de tous les bords, on n’arrête pas de désamorcer les conflits», affirme Philippe, un agent qui travaille depuis deux ans dans les bals du Nord vaudois.

Skins ou prosuisse?

Devant la salle communale, l’ambiance est plutôt tendue. Un groupe de yos fait du tapage. Une dizaine de skins attroupés, habillés de noir, les observent. «Ils n’arrêtent pas de semer la m…, ça va mal finir», estime Jacques*, 20 ans. Lui ne se définit pas comme skin, mais comme «prosuisse». Ses copains ont des croix patriotiques cousues sur leurs vestes. Hardcore, skins, prosuisses… quelle est la différence, au juste? «Les vrais skins sont des néonazis, moi je trouve que Hitler était un con», explique Jacques. Ce qui n’empêche pas un de ses potes portant l’insigne helvétique, un peu plus tard, de sortir de sa poche un petit drapeau sudiste en affirmant: «Ça veut dire esclavage… ça résume ce que je pense des négros!»
* Prénom fictif.

PATRICK CHUARD
Source: 24 heures du 13 mars 2004.

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Tags: Général

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