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Altermedia Suisse: En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)
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Individualistes et matérialistes, les idéologies modernes convergent vers la mondialisation

July 19th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Les lumières.

En ayant pour objectif principal de ” libérer ” l’homme des communautés naturelles et historiques dans lesquelles il s’enracine, les penseurs de la Révolution française ont ouvert la voie à toutes les tyrannies, qu’elles soient économiques, technologiques, intellectuelles ou médiatiques. L’abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 ne doit pas s’analyser comme un geste d’équité mais comme la mise à mort d’une société organique. Les hommes sont ” égaux ”, cela signifie que tout ce qui les distingue entre eux doit être éliminé. En résulte une intolérance intrinsèque de la République, qui s’illustre notamment par sa lutte permanente contre les langues régionales. Atomisé, dé-lié, l’homme idéal n’est plus le fils d’une patrie mais un citoyen du monde.

Le libéralisme.

Cette doctrine, essentiellement économique, part du postulat selon lequel la recherche par les hommes de leur intérêt personnel mène à la réalisation de l’intérêt général. C’est la théorie de la main invisible, prônée par le britannique Adam Smith dans son ouvrage ” Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776). Les échanges économiques doivent donc être libres, puisque la recherche par chacun de son profit égoïste est sensée conduire au bien commun.
Le libéralisme gouverne aujourd’hui en maître les échanges internationaux. A la plus grande satisfaction des businessmen, on gomme de plus en plus les frontières, entraves à la libre circulation des marchandises, des capitaux et des travailleurs (considéré en la matière comme de simple facteurs de production).

Le paradoxe de la guerre froide.

Pendant un demi-siècle, marxisme et capitalisme ont joué de leur opposition apparente pour exclure du champ politique tout autre type d’organisation politique. ” Monde libre ” ou dictature stalinienne ? ” Oppression des travailleurs ” ou paradis soviétique ? Un antagonisme astucieux au service d’une même vision matérialiste et économique de l’homme. Car si Soviets et Ricains s’opposaient, c’était finalement plus par leur même soif de domination que par la nature de leurs projets. Les uns comme les autres entendaient écraser identités et particularismes au profit de leur impérialisme respectif.

La fin de l’histoire

Lorsque le bloc soviétique s’est effondré de lui-même, un obscur universitaire américain, Francis Fukuyama, a accédé à la notoriété internationale en annonçant ” la fin de l’histoire ”.
Dix ans plus tard, alors que les aspirations au renouveau identitaire se manifestent sur tous les continents et que le modèle américain n’en finit pas d’être éclaboussé par ses crimes, Fukuyama n’a pas varié. Le 26 février, il concluait en effet un entretien au Figaro par ces mots : ” L’Amérique reste, quoi qu’on en dise, l’avenir de l’Europe. Les accents sont différents, mais il n’y a qu’un seul système de valeur ”.
Ce modèle univoque, repose à la fois sur le très marxiste sens de l’histoire - ” on ne résiste pas au progrès ” - et la très californienne révolution informatique - ” bienvenue dans le village planétaire ”.
Si l’affirmation des diversités apparaît encore de temps en temps dans la bouche des promoteurs de la mondialisation, ce n’est que pour mieux masquer sa véritable nature, dévoilée lors du conflit au Kosovo par le général US Wesley Clarke : imposer la société métissée - ” multiculturelle ” - à l’humanité entière.

G.L.

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Tags: Général