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Gerber, le cerbère du politiquement correct menace Blocher!

January 18th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Jean-Daniel Gerber a participé vendredi à sa dernière conférence annuelle de l’Office fédéral des réfugiés (ODR). Il a tiré un bilan positif de la politique d’asile menée par la Suisse ces quatre dernières années. Et lancé des avertissements masqués à Christoph Blocher.
Le 1er avril ne passera pas inaperçu sur le front de l’asile. Jean-Daniel Gerber aura quitté la direction de l’ODR pour prendre les rênes du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) et son successeur – un UDC? –, nommé par Christoph Blocher, se sera peut-être déjà assis à son bureau. A moins que le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) n’ait amorcé son grand nettoyage de printemps en nommant un directeur ad interim pour mieux préparer une fusion de l’office avec l’IMES, ancien Office des étrangers. Le 1er avril sera en tout cas la date à partir de laquelle tout requérant d’asile frappé d’une décision de non-entrée en matière sera exclu de l’assistance sociale. Voilà le principal changement sur le front de l’asile en 2004.
Avant de se tourner vers l’avenir, Jean-Daniel Gerber a en quelque sorte livré vendredi son testament. La gorge un peu serrée à l’idée de quitter un poste qu’il a aimé. 1999 restera une année de référence en matière d’asile, a-t-il rappelé lors de la conférence annuelle de l’ODR. A cause de l’éclatement de la crise du Kosovo: la Suisse a connu une arrivée massive de 53 000 réfugiés fuyant l’intervention serbe. Et de citer la conférence nationale sur l’asile convoquée par Ruth Metzler pour préparer l’après-crise avec un «ambitieux programme de retour», puis le lancement de l’action humanitaire 2000, qui permis l’admission provisoire de différents groupes de personnes entrées en Suisse avant le 31 décembre 1992. 2001 a été l’année qui a vu naître le phénomène des sans-papiers. Quant à 2002, elle a surtout été marquée par la campagne autour de l’initiative populaire «contre les abus dans le droit d’asile». L’UDC a presque été victorieuse le 24 novembre. Et Jean-Daniel Gerber n’avait jamais aussi mal dormi que la veille de cette journée.
Le patron de l’ODR tire un bilan positif de la politique d’asile menée ces années-là. Il n’a pas manqué de se féliciter des «mesures qui ont permis de rationaliser et d’accélérer la procédure sans pour autant entamer la qualité des décisions». Elles ont notamment permis à l’ODR, employant 600 personnes, de ramener ses dépenses de près d’un milliard et demi de francs au-dessous de la barre du milliard. L’an dernier, 60% des demandes ont été traitées dans un délai de quatre mois et le taux de cas jugés en première instance est grimpé d’environ 35%. Par ailleurs, autre défi relevé dont Jean-Daniel Gerber est fier, le nombre de personnes relevant du domaine de l’asile est revenu au niveau de 1992. A savoir à 90 500 environ après être monté à plus de 130 000.
Les défis de l’ODR pour 2004? Le futur patron du Seco évoque notamment la lutte contre l’immigration clandestine. «Dans ce domaine propos, je juge particulièrement important que les droits de l’homme soient bien respectés», insiste-t-il. Une sorte de message subliminal adressé à Christoph Blocher. D’ailleurs, chargé d’introduire le nouveau conseiller fédéral, il a résumé le message qu’il entendait lui faire passer en ces mots: «La politique d’asile, c’est comme marcher sur une corde raide entre les considérations humanitaires et l’application stricte de la loi. Si l’on penche trop d’un côté, l’histoire jugera.»
Le Temps du 17 janvier 2004

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Tags: Général

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