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Blocher en terre connue pour son premier voyage.

May 19th, 2004 · Commenter (Pas de commentaire)

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Le chef de Justice et police est sur la même longueur d’onde que ses homologues de Vienne.

Christoph Blocher et Dieter Böhmdorfer qui, avant de devenir ministre autrichien de la Justice, était l’avocat de Jörg Haider, chef de file de l’extrême droite autrichienne. Keystone / Zak
Les rapports entre la Suisse et l’Autriche n’ont pas toujours été si amicaux. En effet, c’est en défiant l’Empire des Habsbourg que les Confédérés ont forgé leur identité nationale. Une identité aujourd’hui si chère à Christoph Blocher. Oubliées les vieilles inimitiés, les deux pays alpins cultivent «une très bonne relation», comme l’a souligné hier à Vienne le chef du Département fédéral de justice et police. Pour son premier voyage officiel à l’étranger, le chef de file de l’UDC a donc choisi l’Autriche: «C’est un petit pays avec des problèmes similaires aux nôtres.» Le choc culturel a été d’autant moins grand que les ministres rencontrés sur place, Dieter Böhmdorfer, du parti national-populiste FPÖ, et Ernst Strasser, du parti conservateur de droite ÖVP, ont tous deux une vision politique proche de celle de Christoph Blocher.

Wagner en prélude

Arrivé dimanche soir à Vienne avec un vol régulier de la compagnie Swiss, «par souci d’économies», Christoph Blocher a commencé sa visite viennoise par la Staatsoper en assistant à la représentation de Tristan et Iseult, un opéra de Wagner. Le conseiller fédéral et sa femme Silvia ont en effet été invités à titre privé par Dieter Böhmdorfer. Avant de devenir ministre autrichien de la Justice, ce dernier était l’avocat de Jörg Haider, chef de file de l’extrême droite autrichienne.

La visite de courtoisie du Zurichois n’avait pas comme unique but de soigner les relations entre les deux voisins, mais aussi d’aborder quelques thèmes politiques précis. Hier matin, le conseiller fédéral a notamment discuté avec le ministre de la Justice du projet de délocalisation des prisons dans les pays «sources de criminalité» (lire encadré). La deuxième réunion de la journée, menée cette fois-ci avec Ernst Strasser, le ministre autrichien de l’Intérieur, a été centrée sur les questions de coopération policière entre les deux pays, la lutte contre le terrorisme et l’élargissement à l’Est de l’Union européenne. Les discussions ont porté également sur la question des frontières extérieures de Schengen. Les deux ministres se sont accordés à reconnaître qu’une collaboration policière étroite s’imposait. Celle-ci sera encore renforcée entre l’Autriche et la Suisse, principalement en ce qui concerne l’échange de données. Les deux ministres ont également évoqué l’état des préparatifs de l’Euro 2008, qui se déroulent comme prévu.

Attitude surprenante

Pour la première visite officielle de Christoph Blocher, les médias autrichiens se sont montrés très attentifs. «La Suisse est très appréciée en Autriche», a expliqué une journaliste de Vienne. En revanche, les médias semblaient avoir du mal à comprendre les velléités isolationnistes des Suisses. «Lorsque vous voyez la croissance économique de l’Autriche, vous ne regrettez pas de n’avoir pas adhéré à l’Union européenne?» a demandé un journaliste. «Non. Car c’est une bonne solution pour l’Autriche mais pas pour la Suisse», a répondu le conseiller fédéral. Souvent comparé à Jörg Haider sur le plan des idées politiques, Christoph Blocher a également été interpellé sur l’ASIN dont il vient de démissionner en tant que président et qui se positionne ouvertement contre le Traité de Schengen. «Je ne suis pas ici pour défendre mes convictions personnelles», s’est-il contenté de préciser.

Ce style très mesuré et retenu n’a pas manqué de surprendre les médias autrichiens. «Votre nouvelle attitude ne déçoit-elle pas vos électeurs?» «Non, je ne crois pas, a répondu le ministre UDC. Lorsque vous êtes dans l’opposition, vous pouvez mener une politique provocante et agressive. Mais aujourd’hui je défends les intérêts du Gouvernement suisse.» Rappelons que Jörg Haider, contrairement à Christoph Blocher, n’a jamais désiré entrer au gouvernement, une position qualifiée de plus facile», selon le Zurichois. Justement, que pense le tribun assagi de son homologue autrichien? «Je ne suis pas là pour juger, mais je constate que Jörg Haider a réussi à faire sauter un système politique très encroûté.» Christoph Blocher ajoute ne l’avoir jamais rencontré personnellement.
Source: Le 24 Heures du 18/5/2004

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Tags: Général

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