de reconnaître le génocide arménien
Berlin - Le chanteur et compositeur français d’origine arménienne Charles Aznavour demande que l’Allemagne parle de “crime contraire au droit international” à propos du génocide arménien. Il a invité Berlin a imiter l’exemple de la France ou de la Suisse.
Fils de réfugiés arméniens, Charles Aznavour a expliqué, dans un article à paraître jeudi dans l’hebdomadaire “Die Zeit”: “l’Allemagne porte une responsabilité. Non pas parce que ses hommes politiques ont ordonné l’extermination d’Arméniens mais parce qu’ils en ont été les spectateurs. Parce qu’ils ont dit à leurs alliés d’alors: ‘faites ce que bon vous semble’”.
“Si les Allemands reconnaissaient ce génocide, ce serait un grand pas. Alors, leurs alliés se verraient aussi forcés de le faire”, a-t-il ajouté.
Le chancelier allemand Gerhard Schröder a été, à côté du président français Jacques Chirac, l’un des principaux soutiens de la candidature turque à l’adhésion à l’Union européenne. Ce soutien a contribué à ce que l’UE donne son feu vert en décembre à l’ouverture de négociations d’adhésion, qui doivent formellement commencer le 3 octobre prochain.
Ankara, qui a des relations étroites avec Berlin, réagit très vivement aux moindres allusions par les parlements européens au “génocide arménien”.
La Turquie avait ainsi annulé en septembre 2003 une visite de la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, en signe de protestation après la décision du Grand conseil vaudois de reconnaître le massacre des Arméniens par l’Empire ottoman en 1915 comme étant “un génocide”.
En décembre de la même année, le Conseil national avait adopté un postulat reconnaissant le génocide arménien, une décision qualifiée “d’inacceptable” à Ankara. Le Conseil fédéral était opposé à l’adoption de ce texte.
(ATS, 30.03.2005 16:21)



