La libre circulation des personnes depuis le 1er juin a entraîné une ruée des travailleurs frontaliers vers l’Eldorado genevois. Sur un mois, le nombre de titulaires d’un permis de travail et les nouvelles demandes ont explosé.
L’entrée en vigueur de la deuxième phase de la libre circulation des personnes a eu un effet certain sur le marché de l’emploi genevois, selon les chiffres de l’Office cantonal de la population (OCP). Le nombre de frontaliers a atteint un nouveau record en juin avec 41 165 personnes, soit 850 de plus qu’en mai.
Cette progression est d’une ampleur inédite: elle est près de quatre fois plus élévée que la moyenne des cinq mois précédents (environ 227) et presque trois fois plus importante que la moyenne mensuelle de 2003 (300).
Le nombre de frontaliers devrait encore prendre l’ascenseur si l’on se réfère aux nouvelles demandes de permis G (frontaliers) déposées en juin, soit 1250. Avec l’entrée en vigueur de l’accord, ces dossiers, qui correspondent à autant de contrats de travail déjà signés avec un employeur genevois, ne peuvent être refusés - à moins que le postulant ne soit un criminel. Les craintes des autorités d’un afflux de travailleurs venant de l’extérieur du canton se réalisent-elles au vu de ces chiffres? Selon elles, il s’agirait plutôt d’un effet ponctuel induit par la date fatidique d’entrée en vigueur de l’accord passé avec l’Union européenne. «Nous avons le sentiment que beaucoup de personnes ont attendu juin pour déposer leur demande et que le mouvement devrait se tasser en juillet-août», a ainsi commenté Pascale Byrne-Sutton, secrétaire adjointe du Département de justice, police et sécurité, dont dépend l’OCP. (ats)


