Cet article d’Abraham Cooper, doyen du Centre Simon Wiesenthal, et Harold Brackman, historien, fut initialement publié sur le National Post du 07 janvier 2005 d’où il a disparu (This story is no longer available).
Nombreux sont ceux qui cherchent à réfuter l’Holocauste ou, sinon, à attaquer sa spécificité juive
Selon un nouveau sondage, 62% des Allemands en ont assez d’entendre parler des six millions de juifs assassinés durant la seconde guerre mondiale, tandis que 52% d’entre eux pensent que le traitement infligé aux Palestiniens par les Israéliens n’est pas fondamentalement différent de celui que les Nazis ont réservé aux juifs. Ces résultats inquiétants démontrent suffisamment pourquoi il est nécessaire de poursuivre l’enseignement de l’Holocauste.
Partout dans le monde, des musées, des monuments et des programmes scolaires témoignent de la réalité du génocide nazi. Pour ce qui concerne les survivants, la prise de conscience par la société contemporaine de leur héritage douloureux leur a fourni un grand réconfort. Mais ce réconfort s’érode face à une double menace: des mouvements organisés essaient soit de prouver que l’Holocauste n’a pas existé soit d’attaquer sa spécificité juive.
Naturellement, les “historiens” révisionnistes et les marchands de haine qui nient l’existence de l’Holocauste, influents comme ils le sont dans certains cercles marginaux, oeuvrent en dehors de tout discours respectable. Mais il n’en est pas de même pour ceux qui cherchent à éliminer de l’Holocauste sa composante juive. Imaginez, si vous le voulez bien, une commémoration de l’Holocauste à laquelle on aurait interdit aux juifs d’assister. Eh bien, Osla a été le témoin d’un tel événement le 9 novembre, 66e anniversaire de la Nuit de Cristal, le pogrom d’Etat organisé par le IIIe Reich contre les juifs allemands. Les autorités norvégiennes, voulant éviter des troubles de la part de musulmans, ont interdit l’étalage de symboles juifs, y compris l’Etoile de David et le drapeau israélien. Les journaux du soir ont montré un policier en train de demander à un groupe de juifs qui s’apprêtait à prendre part à la commémoration de “bien vouloir quitter les lieux”.
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En attendant, en Belgique et en France des professeurs sont de plus en plus réticents ou incapables de rendre obligatoires des cours sur l’Holocauste en raison de perturbations violentes de la part d’élèves arabes.
Dans la patrie de Raoul Wallenberg, la Suède, un récent sondage montre qu’un jeune Suédois sur trois est sceptique sur la réalité de l’Holocauste. On a relevé un scepticisme similaire dans des journaux grecs — avant, pendant et après les Jeux olympiques du dernier été. Et un récent rapport de la plus grande organisation communautaire juive hollandaise, l’Ashkenazi Orthodox NIK, a relevé qu’”il y a de moins en moins de gens au courant que six millions de juifs ont été assassinés au cours de la seconde guerre mondiale” et se demande “s’il s’agit du résultat naturel du temps qui passe, qui amène à de distancier de l’Holocauste, ou si c’est le résultat d’une politique de gouvernement”.
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Chez les penseurs d’extrême gauche, on se plaît à faire dévier la Solution finale d’Hitler en ne braquant plus les projecteurs sur l’extermination des juifs européens pendant la guerre mais en les dirigeant sur les souffrances des Palestiniens de l’après-guerre. Avec cette perversion, l’Israël – attaqué par les Arabes dans cinq guerres depuis sa fondation en 1948 et toujours sous la menace d’un terrorisme permanent – n’est plus pour longtemps le refuge des survivants d’Hitler mais le responsable de “nettoyages etchniques”, d’”apartheid” et autres calomnies multiples.
Pendant ce temps-là, les atrocités commises par les attentats-suicides arabes sont évoquées d’un ton dégagé comme étant des actes désespérés de “militants” mis en furie par la cruauté israélienne. Alors qu’il est encore de bon ton pour les dirigeants européens de verser des larmes sur les victimes d’Auschwitz, ceux-là gardent les yeux secs devant les meurtres de masse des enfants de ces mêmes victimes.
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Mais si ce qui est arrivé le 9 novembre à Oslo est un signe, la “mémoire” de l’Holocauste est en train d’être compromise par le propre mal qu’elle cherche à combattre. Si l’on n’y prend pas garde, cette nouvelle pathologie risque d’ouvrir la voie à un nouvel épisode noir des relations entre l’Europe et le peuple juif.



