La polémique autour de Noël enfle en Grande-Bretagne. Pour ne pas offusquer les différentes communautés religieuses, certains font du zèle anti-chrétien.
Extirper toute connotation religieuse aux fêtes de Noël. C’est le nouveau mot d’ordre des Britanniques pour ne pas heurter la sensibilité des non-chrétiens de l’île. Sauf que toute la population n’est pas ravie de cette initiative.
L’histoire commence lorsque Tony Blair décide de faire imprimer deux types de cartes de vœux à ses concitoyens : les premières « meilleurs vœux pour la nouvelle année » sont adressées aux non-chrétiens, les secondes « meilleurs vœux de Noël et de Nouvel An » aux chrétiens.
Deuxième « affaire » : les dirigeants de la bibliothèque de High Wycombe de Londres ont refusé des affiches annonçant un concert de cantiques de Noël. Explication avancée : cela pourrait déranger les autres confessions religieuses. Par contre, cette même bibliothèque n’avait pas hésité à organiser une fête pour l’Aïd al-Fitr, célébrant la fin du ramadan.
Dans le même esprit, la Croix Rouge (dont le nom fait tout de même référence au Christ) ne veut plus vendre des calendriers de l’Avant avec Marie ou Joseph. Pourtant aucune protestation concernant l’aspect religieux de Noël n’a été relevée chez les hindous, les musulmans ou les athées !
Le tabloïd Le Sun (ennemi du politiquement correct) a donc décidé de contre-attaquer l’offensive anti-Noël religieux par une campagne directe : « Sauvons notre Noël » et a mis en une l’image de Joseph et Marie tenant l’enfant Jésus avec en titre : « Est-ce vraiment l’image la plus choquante de Grande-Bretagne ? »
La Grande-Bretagne n’est pas le seul pays à avoir suscité la polémique. En Australie, le maire de Sydney avait réduit la décoration de Noël de l’hôtel de ville à un simple sapin, là encore pour ne pas offusquer les communautés non-chrétiennes. Mais les habitants ont vite fait connaître leur désapprobation.
Paris fait-elle de même ? Cette année, de nombreux quartiers sont dépourvus de décorations. Y aurait-il là aussi une volonté d’un Noël plus politiquement correct ?
(M-A Muller - Marianne en ligne du 17/12/04 11:00)



