(AFP, 16/08/2005 13:10) – Les doutes s’accumulent dans l’enquête sur les attentats du 7 juillet à Londres a concédé le ministre de l’Intérieur Charles Clarke mardi, aucun lien direct avec les attentats du 21 juillet n’ayant encore été établi et l’hypothèse Al-Qaïda étant désormais mise en sourdine.
Pas question mardi matin pour le secrétaire au Home Office de citer directement la mouvance terroriste dirigée par Oussama ben Laden: “L’étendue exacte des liens internationaux avec les attentats de juillet doit encore être clarifiée”, a-t-il reconnu.
On est désormais bien loin des propos encore récents du chef de Scotland Yard, Ian Blair, ou du ministre des Affaires étrangères, Jack Straw, selon qui les bombes qui avaient tué 56 personnes le 7 juillet “présentaient toutes les caractéristiques d’Al-Qaïda”.
“Aucun lien direct n’a encore été établi” entre les attentats du 7 juillet et les attentats ratés du 21 juillet, toujours à Londres, a également reconnu Charles Clarke.
Il n’y a certes pas de preuve “au sens judiciaire du terme” que ces deux vagues d’attentats ont un lien, mais “il serait très, très surprenant qu’elles ne soient pas liées d’une façon quelconque“, a-t-il cependant insisté.
“L’étendue du soutien dont (les terroristes ont) bénéficié, de l’entraînement qu’ils ont reçu, l’étendue de l’implication de personnes extérieures à ces groupes, tout cela doit encore faire l’objet d’investigations très, très détaillées“, a précisé le ministre, concédant que les enquêteurs “ne connaissent toujours pas l’étendue exacte du réseau impliqué”.
Le secrétaire au Home Office n’a pas commenté les sources antiterroristes citées dans l’Independent samedi, selon qui les bombes des 7 et 21 juillet seraient l’oeuvre de deux cellules 100% britanniques, sans lien avec un quelconque réseau terroriste et surtout sans “maître à penser” étranger.
“Le point clé est que les événements (de juillet) ne sont pas liés” à une organisation extérieure, a affirmé au journal une source anonyme du contre-terrorisme, ajoutant: “Il semble que (les terroristes) évoluaient en circuit fermé et qu’ils ne recevaient pas de consignes d’un maître à penser d’aucune sorte“.
Le 9 août, le président pakistanais Pervez Musharraf avait catégoriquement rejeté la théorie selon laquelle son pays aurait joué un rôle central dans les attentats du 7 juillet. Une théorie alimentée par le fait que trois des quatre auteurs de ces attentats étaient des Britanniques musulmans d’origine pakistanaise, dont deux au moins se seraient rendus au Pakistan, dans des madrassas (écoles coraniques), quelques mois avant de poser leurs bombes.
“Le Pakistan n’a pas joué de rôle clé. Il n’y a aucune preuve pour affirmer cela“, avait insisté le président pakistanais.
Alors que l’enquête semble caler quelque peu, avec un Scotland Yard pour le moins silencieux depuis quelques jours, l’hypothèse d’une troisième vague de bombes n’est elle toujours pas écartée: “il serait ridicule de penser qu’un nouvel acte terroriste ne peut pas avoir lieu“, même si il n’y a aucune “information particulière des services de renseignement” sur l’existence d’une troisième cellule en liberté, a déclaré Charles Clarke mardi.
“Mais nous travaillons en permanence sur l’hypothèse que les gens qui ont organisé ces attaques pourraient en mener d’autres“, a précisé le ministre.




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