Petite piqure de rappel de réalité, voici le “pitch” d’un documentaire de Channel 4 sur la situation des p’tits blancs dans certaines zones de Grande-Bretagne. L’invasion est telle que MEME le journaliste est Pakistanais…
Ce que c’est d’être Blanc - et une minorité. Les Gallaghers, une des quelques familles non-pakistano-Bengali qui restent à Manningham, le savent. Sarfraz Manzoor enquête.
Sharon Gallagher est blanche mais elle sait ce que c’est de faire partie d’une minorité ethnique. ces derniers 18 mois, elle a vécu avec ses trois enfants dans le secteur à prédominance pakistano-bengali de Manningham, à Bradford. ce fut une région de Blancs mais ces 30 dernières années, la plupart des Blancs sont partis; aujourd’hui, Manningham est le foyer des pakistanais, des Bengalis, des boucheries hallal, des librairies islamiques et des mosquées. Et c’est la maison des Gallaghers. Ils sont la seule famille blanche de leur rue et une des dernières de Manningham.
Sharon a 34 ans mais la monoparentalité, les difficultés d’hébergement et des relations difficiles lui ont laissé des cicatrices. Quand elle parle, je ne peux m’empêcher de remarquer qu’elle n’a que deux dents du bas.
“Vous pouvez marcher toute la journée dans ma rue,” dit-elle en tirant sur une cigarette, “et vous pouvez marcher jusqu’aux magasins et en revenir, et vous ne verrez aucun blanc.”
Il y a quatre mosquées dans le secteur. L’une domine la maison de Sharon; cinq fois par jour, l’appel à la prière tombe du minaret dans le jardin. Il est devenu si familier que les enfants peuvent faire une bonne récitation des paroles du muezzin. A l’école, les enfants Gallaghers sont des exceptions roses à une règle brune. Une exposition aussi intense à une culture différente a affecté chaque enfant différemment.
“Si t’es Blanc et pas un dur, t’es baisé.” c’est un samedi après-midi lumineux, nous sommes dans un McDonald à Bradford et Jake Gallagher, qui a 11 ans, explique ce que c’est d’être Blanc dans son voisinage. Sa Soeur Ashlene et sa cousine Jade écoutent. “Je me faisait tout le temps embêter à l’école.” dit-il jouant avec la casquette de baseball qui couvre en partie ses cheveux couleur carotte. “Ils me traitaient de “bâtard blanc” et on se battait.”
Il y a trente ans, c’était les jeunes pakistano-bengali qui étaient harcelés à Manningham. Les enfants étaient embêtés sur le chemin de l’école et leur mères avaient trop peur pour sortir de leurs maisons. Aujourd’hui, les pakistano-Bengali ne sont pas si doux. ils ont la mémoire longue et certains choisissent de se défouler sur les Blancs qui restent. “Je sais qu’ils ont des problêmes dans des endroits comme Détroit” me dit Jake “mais si un Blanc de là bas venait à Manningham pendant une semaine, ils repartiraient en pleurant. c’est pas que je sois plus dur” ajoute-t’il “mais il faut être dur pour vivre par ici.”
Pour de jeunes garçon comme Jake et son cousin John, le monde se divise en deux groupes: les pakis et les porkies. Les Pakies sont les musulmans qui semblent aller à la mosquée mille fois par jour, qui jeûnent et prient et doivent faire attention à ce qu’ils mangent. Les Porkies peuvent être Blancs ou Noirs ou Métisses mais ce qui les unis est qu’ils ne sont pas musulmans. Ils s’appellent eux-même les Porkies parce qu’à la différence des musulmans, ils peuvent manger du porc. Ce n’est pas une catégorie raciale qu’on peut trouver sur un formulaire de recensement mais le concept de porkie revèle quelque chose de nouveau et de profond sur la façon dont certains forment leur identité culturelle dans les communautés urbaines. La hausse des mariages mixtes a engendré une génération d’enfants pour qui les distinction raciales sont devenus irrelevantes; il ne s’agit plus d’être noir ou blanc, il s’agit d’être un paki ou un porkie.
En écoutant Jake décrire ses bagarres avec des bandes de Pakistanais, il est tentant de se sentir découragé. Jusqu’à ce qu’on rencontre sa soeur. Comme des millions d’autres adolescentes, Ashlene adore Gareth Gates, qui est un héro local à Bradford et elle a même un poster signé de lui sur le mur de sa chambre; elle aime les EastEnders et les Hollyoaks et voudrait être une actrice ou une pilote quand elle grandira. Mais Ashlene a une autre ambition: elle veut être musulmane. Parmis ses livres scolaires d’exercices se trouvent de minces volumes tels que l’islam pour les enfants, le prophète suprême et la loi du seul Allah: les réponses de l’Islam Sunnite aux problêmes du monde moderne. L’imam de la mosquée locale lui a donné les livres.
La mosquée est l’endroit où vont la plupart des enfants après l’école pour deux heures d’éducation islamique. Un après-midi, Ashlene et Amie, sa soeur âgée de 10 ans, ont décidé d’aller voir ce qui se passe dans la mosquée. C’est peut être la curiosité qui les a amenées là, peut être l’ennui de marcher seules dans les rues désertes de Manningham, ou peut être parce qu’il n’y avait rien vers quoi retourner à la maison. Quelque soit la raison, elles ont tant impressionné l’imam qu’il a demandé la permission à Sharon de les laisser venir régulièrement. Maintenant, elles peuvent lire et parler l’arabe.
Dans une scène remarquable d’un documentaire de Channel 4 consacré à la famille, la petite Amie aux yeux marrons et aux taches de rousseur étonne le propriétaire d’une pizzeria locale en récitant de mémoire certains versets du Coran. Le propriétaire, choqué, la récompense de la seule façon qu’il sache: avec du coca et de la pizza gratuite.
Ashlene est une des huits Blanches de son année dans son école. Il y a 25 ans, les élèves à l’école de filles de Bellevue étaient répartis de façon égale entre pakistano-bengalis et Blancs. pendant l’été 1978, Margarett Platts y était professeur. “Nous savions que les choses changeaient,” se souvient-elle.”le directeur de l’époque nous parlait beaucoup de ce que l’augmentation de la population pakistano-bengali allait signifier pour l’école.”
Pendant ces années, Bradford a symbolisé l’état endommagé des relations raciales dans le pays. L’affaire Honeyford, il y a 19 ans (lorsque Ray Honeyford, le directeur local, a été expulsé de son emploi après avoir déclaré que les élèves blancs souffraient dans les écoles ayant une grande population pakistano-bengali) a déclenché une fuite des Blancs de parents effrayés. il y a eu des autodafés et des émeutes raciales. Cet Automne, lorsque Platts est revenue comme directrice de l’école à Bellevue, la population était à 98 % pakistano-bengali. “La séparation des communautés est devenue plus marquée qu’avant” dit tranquillement Platts “Nous attirions des enfants blancs des environs de l’école, mais maintenant, ils prennent le bus vers d’autres écoles.”
J’étais l’un d’une poignée de Pakistano-Bengali dans mon école; comme tous les enfants, je voulais trouver ma place et, pour moi, vouloir faire partie du lot voulait dire être comme mes amis blancs. Pour Ashlene, qui a grandie à l’ombre d’une mosquée et dont les amis d’école sont musulmans - vouloir faire partie du lot veut dire porter le Shalwar Kameez à la mosquée et déclarer qu’elle veut être musulmane.
Quand Sharon Gallagher avait 12 ans, elle avait une amie métisse qui se frottait la peau en essayant de se rendre plus blanche. Aujourd’hui, Sharon a un fils qui veut être Eminem et une fille qui veut être musulmane. Les Gallaghers n’ont peut être pas suivi de cours de citoyenneté, mais leur famille annonce une nouvelle identité urbaine. Sharon est confronté à beaucoup des mêmes problêmes auxquels les pakistano-bengali ont fait face il y a des décennies, mais ses voisins la traitent mieux qu’ils ont eux-mêmes été traîtés dans le passé.
J’ai quitté Bradford convaincu que les enfants Gallagher sont devenus meilleurs parce qu’ils ont vécu là où ils sont. J’en suis moins sur pour leurs voisins et leurs camarades de classes: les enfants pakistanais et bengalis qui grandissent dans un environnement où ils peuvent oublier qu’hors de Manningham, dans le monde, ce sont eux qui sont la véritable minorité ethnique.



