HISTOIRE - Un site archéologique, inauguré hier dans le parc de La Grange (Genève), offre une vue sur une demeure romaine antique.
«Le parc de La Grange constitue une réserve archéologique dont il faut absolument prendre soin.» Laurent Moutinot, conseiller d’Etat chargé du Département de l’aménagement, de l’équipement et du logement (DAEL), ne cachait pas son enthousiasme, hier matin, lors de l’inauguration de la mise en valeur du site archéologique du parc de La Grange à Genève. Ce dernier, qui a abrité plusieurs fouilles au cours de ces dix dernières années, a en effet révélé les vestiges d’une importante villa gallo-romaine et de deux mégalithes, évoquant la présence d’un lieu de culte dès la préhistoire. «L’inauguration à laquelle nous assistons aujourd’hui est le fruit d’un long parcours qui aboutit finalement à la présentation d’un site d’exception offrant ainsi au public la possibilité de s’imprégner de son histoire.»
OUVERTURE SUR LE PASSÉ
Malgré l’importance et la portée historique du site, le Service cantonal d’archéologie de la Ville de Genève n’a pas désiré exposer la totalité des vestiges sur place, leur conservation intégrale à long terme ne pouvant être assurée. En effet, une construction pour les abriter n’aurait pu être autorisée dans ce parc protégé. Les vestiges ont donc été remblayés en 2002, à l’exception d’une sorte de puits de quelques mètres qui permet de voir un angle de la pièce centrale de la demeure antique et deux mégalithes.
Les fouilles montrent que les premières occupations humaines pourraient remonter au néolithique moyen (à partir de 4500 avant J.-C.). Elles ont notamment permis de découvrir, dans la partie aval du parc, un établissement de l’âge de bronze (1000-900 avant J.-C.). Pour Christian Ferrazino, en charge du Département municipal de l’aménagement, des constructions et de la voirie, le parc de La Grange constitue un «véritable laboratoire où les générations futures pourront élaborer leurs expériences afin d’affiner leur connaissance du passé».
Se basant sur un rapport de l’archéologue cantonal, le Conseil administratif a décidé d’organiser un concours, en 2002, dans le but de donner forme à cette évocation et de mettre en valeur le site pour le public. C’est le projet de l’architecte-paysagiste Tobias Pauli qui a été primé.
RESPECT DU SITE
Les vestiges maintenus à ciel ouvert sont entourés de garde-corps en métal rouge avec des montants ancrés dans le sol. Des chemins en dalles de béton conduisent jusqu’aux ruines. L’emprise totale de la demeure antique sera évoquée par une prairie rustique fleurie – vingt-six plantes (sarriette, marguerite, sauge, thym, origan, etc.) et diverses graminées – semée sur un sol en granit concassé, qui atteindra son aspect définitif d’ici à trois ans. «Aucune atteinte n’est portée au substrat archéologique et les caractéristiques de la morphologie actuelle du parc sont respectées», indique le concepteur du projet.
L’inauguration du site coïncide avec l’exposition internationale «Les Allobroges» présentée au Musée d’art et d’histoire[1]. En 2007, le Département des affaires culturelles envisage même d’ouvrir au musée une salle d’archéologie régionale présentant les découvertes réalisées dans le parc de La Grange.
source: lecourrier.ch
[1]Du 28 octobre au 3 avril 2005. Renseignements: 022/4182500.



